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21 Millions ! –

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21 Millions ! –

Cette article fait partie du Kalendrier de l’Avent 2019 de KryptoSphere, dont vous pouvez retrouver l’intégralité ici.

En 2009 lorsque Satoshi Nakamoto, père du Bitcoin, rédige le white paper, il inscrit une limite du nombre de bitcoins. Cette limite s’échelonne à 21 millions de bitcoins. Pourquoi un tel chiffre ? C’est une question qui demeure actuellement sans réponse, néanmoins à travers les 21 millions il y a aussi la notion de limite. Or cette limite n’est pas anodine, elle a un intérêt économique et pourrait remplacer le modèle monétaire actuel (où l’émission monétaire est en constante augmentation).

Tout d’abord qu’est-ce que le Bitcoin ? Il s’agit d’une monnaie numérique décentralisée, qui est basée sur un protocole de minage cryptographique. Elle constitue un moyen de paiement de pair à pair sans qu’aucun intermédiaire n’intervienne. Les « créateurs » de cette monnaie (ceux qui la « frappent ») sont appelés mineurs, et il s’agit en réalité d’ordinateurs spécialisés (détenus par des personnes physiques ou morales). Ces dernières mettent à disposition leur puissance de calcul en vue de résoudre des problèmes cryptographiques déterminés par un algorithme. Ici, la tâche des mineurs consiste à remplir un bloc avec des transactions qu’il choisit dans l’espace des transactions en attente. S’il est le premier à résoudre le problème cryptographique et que les transactions de son bloc sont licites, alors le bloc est validé et ajouté à la blockchain. Le mineur qui a produit ce bloc reçoit ainsi une récompense (x bitcoins) pour l’effort qu’il a produit.
Dans les faits, un bloc est assemblé toutes les 10 minutes, ce temps est déterminé par la difficulté du processus de minage (définit par l’algorithme). C’est-à-dire que quel que soit le nombre de mineurs sur le réseau le temps de validation sera toujours de 10 minutes environ. C’est un temps statistique, une moyenne autour de laquelle oscille le temps réel entre deux blocs.

Enfin, la quantité émise de bitcoin lors de la validation d’un bloc est décroissante. En effet tous les 4 ans environ (en fait tous les 210 000 blocs) la récompense perçue par bloc est divisée par 2. A l’heure actuelle pour chaque bloc validé un mineur perçoit 12.5 BTC. La période pendant laquelle la division s’effectue est appelée le « Halving day ». C’est cette décroissance qui permet d’atteindre un seuil de 21 millions de jetons.
Ainsi, nous comprenons maintenant pourquoi le nombre de bitcoin en circulation sera limité. Et on estime que le dernier bitcoin sera miné en 2140.

Problématique de la monnaie actuelle

La crise financière de 2008 et la crise de la dette européenne de 2010 ont remis au goût du jour la folie des banques centrales. Bien qu’au lendemain de la crise financière les plus dirigeants européens prônaient l’orthodoxie financière, qui est une doctrine consistant à remonter les taux d’intérêts afin de freiner les effets désastreux de la dette, ils ont recommencé depuis à utiliser le levier de la création monétaire (ce qui fut certes nécessaire afin de pouvoir sortir certains pays de la crise).

Depuis l’avènement de la crise de la dette qui a touché principalement les pays du sud de l’Europe atteignant des moyennes de dettes jusqu’à 150% du PIB, la BCE (Banque Centrale Européenne) sous l’égide de Mario Draghi n’a eu d’autres choix que de relancer la planche à billet afin que ces pays ne connaissent pas la situation de la Grèce. Où ils étaient contraints à rembourser une dette sans bénéficier d’une croissance suffisamment forte et de moyens d’agir sur cette dernière (car leur politique monétaire n’est plus souveraine, et que la politique budgétaire est limitée).

Or en cas de nouvelle crise financière, qui touchera l’économie réelle de plein fouet, les institutions n’auront quasiment plus de marges de manœuvres (dû aux taux déjà très bas).

Émission monétaire limitée à travers le Bitcoin : une politique monétaire alternative ?

Ainsi avec le Bitcoin, on ne peut émettre davantage de monnaie comme c’est le cas aujourd’hui avec les monnaies FIAT (fiduciaires : dollar, euro, yuan …) et les politiques ultra-expansionnistes menées par les banques centrales. 

Par son protocole de consensus décentralisé le Bitcoin est un système monétaire qui permet de procurer de la confiance aux agents économiques tout en se prémunissant de toute manipulation monétaire. Et pour cause la quantité de « monnaie » émise n’est pas contrôlée par une institution centralisée. Ainsi on ne risque pas de retrouver au lendemain d’une crise financière avec un compte en banque gelé, ou une limite de retrait dans les distributeurs automatiques comme ce fut le cas en Grèce. 

Les travaux de l’école du Public Choice et notamment ceux de G.Tullock préconisaient une non-intervention de l’Etat dans l’économie, du fait que cette intervention ne visait pas à satisfaire l’intérêt général mais privé, coïncidant parfois avec des périodes électorales. Alors que l’adoption d’un Bitcoin dans cette optique ne pourrait obéir qu’à l’intérêt général (ou particulier de chacun) car il est indépendant de l’Etat.

C’est pourquoi destituer la politique monétaire de toute entité centralisée permettrait d’une certaine manière d’attribuer de nouveau un contrôle monétaire à chaque pays.

Recourir à un système d’échange pair à pair décentralisé tel que Bitcoin serait alors plus efficace, en effet ce dernier pourrait se prémunir de l’instabilité financière des marchés et en plus être adopté à l’échelle mondiale. Ce qui constitue aujourd’hui l’une des forces de Bitcoin c’est donc sa décentralisation : on accorde de la confiance à cette monnaie car elle ne peut pas être manipulée.

L’école keynésienne

Depuis longtemps, deux écoles majeures s’affrontent sur le modèle économique que nous devons adopter. Leur point de divergence repose sur une question, centrale : devons-nous confier la responsabilité de la politique économique à une entité (tel que l’Etat) ou doit-elle être régulée par le marché ?

Rappelons rapidement en quoi consiste la doctrine keynésienne. Elle se fonde sur une intervention de l’Etat afin de soutenir la demande, lorsque la conjoncture économique le requiert.

L’adoption du Bitcoin dans cette vision ne pourrait pas permettre de relance économique en cas de crise, car comme vous l’aurez compris la politique de relance suppose une intervention sur la quantité de monnaie en circulation. Or Bitcoin a une émission limitée et par sa décentralisation ne peut être modifié (nous verrons plus tard qu’une exception est possible).

Néanmoins, ces politiques de relance sont actuellement remises en cause du fait de leur inefficacité (notamment en Europe) et de l’accroissement du risque systémique en cas de crise. Bitcoin lui par son aspect décentralisé protégerait les agents des risques du marché dans une optique long terme. Pour certains opposants à la pensée keynésienne, il convient donc aujourd’hui de remettre en cause la régulation par l’Etat (ou une Commission) et d’opter pour une régulation par le marché à l’appui d’une monnaie désinflationniste qu’est le Bitcoin.

L’école autrichienne de la pensée classique

A l’instar de la pensée classique les autrichiens et notamment Hayek (Prix Nobel d’économie en 1974) soutiennent la régulation par le marché (ou la main invisible) et s’opposent à l’interventionnisme étatique dans l’économie.

Là où Bitcoin rejoint la pensée classique c’est qu’en substituant la politique monétaire d’un Etat au peuple, il laisse finalement le marché se réguler. En effet le Bitcoin offre un protocole décentralisé où aucune entité ne peut intervenir sur la quantité de monnaie en circulation. Du fait de cette condition il permet une libre régulation par le marché.

Remise en question de cette limitation

Déflation ou désinflation ?

Avant d’aborder les problématiques soulevées par une quantité fixe de bitcoin en circulation, il convient de clarifier la nature du Bitcoin.

Pour comprendre pourquoi Bitcoin n’est pas déflationniste il est important de souligner plusieurs concepts : 

  • Avant tout la déflation qui est la baisse générale des prix sur une période, s’explique par une réduction de la quantité de monnaie ou des substituts de la monnaies (telles que les matières premières) ; or ici, nous avons une masse monétaire qui atteindra un seuil maximum et ne va pas décroître. 
  • Son protocole a été rédigé tel que le nombre de bitcoin créables soit de plus en plus restreint mais cela suppose donc qu’il y est une inflation en baisse jusqu’à ce que le dernier soit miné. Après quoi il demeurera toujours un montant de bitcoins fixe (hors pertes des bitcoins).

Il faut donc bien parler, pour Bitcoin, de désinflation, et non pas de déflation comme on peut encore l’entendre ou le lire.

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Pourquoi la limitation pose-t-elle un problème ?

Le second problème repose sur la rémunération des mineurs qui sécurisent le réseau. En effet si aujourd’hui les mineurs mettent à disposition des puissances de calculs si importantes c’est qu’il y a un intérêt économique. Rappelons rapidement qu’aujourd’hui la récompense qu’un acteur perçoit pour sécuriser le réseau repose sur la valeur du bloc qu’il aura aidé à valider et des frais de transactions. Or aujourd’hui la validation d’un bloc rémunère en majorité le mineur, les frais de transactions ne représentent qu’une part minime des revenus. 

Ainsi, plusieurs questions peuvent se poser, lorsque tous les bitcoins auront été émis, est-ce que les frais de transactions seront suffisant ? Et comment faire pour garantir la sécurité du réseau si ces derniers ne le sont pas ?

Les frais de transactions ne pourront couvrir tous les frais que paie un mineur à la condition que le nombre de transactions augmentent exponentiellement. Autrement un mineur ne pourra pas être rentable et se retirera du réseau. 

Aujourd’hui une partie de l’écosystème bitcoin reste dubitatif quant à la rentabilité des frais de transaction une fois que tous les blocs auront été validés. C’est pourquoi certains proposeraient une modification du protocole afin d’augmenter l’émission du nombre de tokens.

Est-elle modifiable ?

Cette modification s’opérera par consensus comme chaque modification du code de Bitcoin.

Pour changer le seuil de bitcoin minables il faut agir sur son protocole. Cela signifie que la communauté de développeurs de bitcoin devra trouver un accord quant à l’augmentation ou non du nombre de bitcoin minables. Actuellement ce débat suscite la controverse et il semblerait qu’un consensus à 80% (nécessaire pour un soft fork) ne se produise pas. On irait irrémédiablement vers un hard fork, avec peu d’assurance que le nouveau système avec une masse monétaire plus importante ne soit adopté.



Retrouver l’article original de Valentin Rousseau ici: Lien Source

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