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Afrique : les pouvoirs publics face au bitcoin (BTC)

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Afrique : les pouvoirs publics face au bitcoin (BTC)

Les fondamentaux avant tout

688 599 (au moment de la rédaction de cet article). C’est le nombre de blocs validés sur le réseau Bitcoin depuis son lancement. Cela correspond à un peu plus de douze ans pour ceux qui comptent à l’ancienne. Douze ans que l’horloge bitcoin tourne, avec des blocs qui se succèdent chaque 10 minutes environ. 

Cette mécanique est à la base d’un système monétaire insoumis aux pouvoirs publics et privés, il émerge sous nos yeux. Bitcoin repose sur un protocole informatique open-source. Sa promesse : offrir à l’individu plus de contrôle sur la monnaie sous-jacente, le bitcoin ou BTC (en abrégé).

Bitcoin s’impose au monde

Bitcoin fonctionne sans nécessiter une permission. Grâce à l’implication de plusieurs individus à travers le monde, il s’impose petit à petit comme une alternative au système monétaire traditionnel soutenu par les banques et les États.

Aujourd’hui, bitcoin n’est plus “cette monnaie de geeks” paranoïaques. Il est devenu, autant pour des millions de particuliers que pour certaines entreprises à travers le monde, un actif de choix pour se protéger de la dévaluation des monnaies fiduciaires. L’adoption du bitcoin ne s’est pas limitée aux entreprises et aux particuliers.De plus en plus d’acteurs plus importants lui font confiance car sa masse monétaire finale ainsi que son rythme d’émission sont connus de tous

En effet, le Salvador a récemment fait du bitcoin une monnaie légale, à côté du dollar américain. Avec cette mesure, le pays s’est doté d’une arme redoutable pour combattre l’hégémonie monétaire imposée par les Etats-Unis. 

Bitcoin n’en est pas arrivé là par le bon vouloir des Etats. Il s’est imposé grâce à des milliers d’individus et d’entreprises à travers le monde. Motivés par des intérêts pécuniaires (mineurs) ou pas (full-nodes), ils ont fait du bitcoin un outil très difficile à arrêter.  

A l’absence d’un choix, certains États ont, en dernier recours, élaboré des lois pour encadrer l’inévitable adoption du bitcoin. Qu’en est-il des pays Africains. 

Bitcoin et l’Afrique 

Comme nous l’avons dit plus haut, bitcoin permet de faire progresser l’inclusion financière dans le monde. Avec seulement 20% de foyers disposant d’un compte bancaire, des millions d’africains font de facto partie de la cible du bitcoin.

En dépit d’une faible bancarisation, le taux de pénétration des smartphones en Afrique avoisine les 50% un rapport de 2018. Cela a contribué à une pénétration réussie du mobile banking sur le continent. Selon Frontiers, en 2020 l’afrique comptait 562 millions de comptes mobile money dont 30% en activité constante sur 30 jours. 

En outre, comme nous l’avons détaillé dans cet article, le mobile money n’est pas sans désavantages. Le système expose les utilisateurs à tous les inconvénients de la monnaie fiat. Il s’agit entre-autres des/de: l’inflation, frais de transfert très élevés, failles de sécurité, la censure, les limites des transactions, etc. 

C’est au cœur de cette incertitude que bitcoin a trouvé son utilité en Afrique. Des milliers de jeunes l’ont adopté un peu partout et plus particulièrement dans les pays comme le Nigéria, le Ghana, l’Afrique du sud ou encore le Kenya. Les volumes des transactions en bitcoin y sont élevés et atteignent parfois des records non négligeables. Certains de ces pays sont régulièrement classés dans le top 10 mondial.

Comment réagissent les autorités face à cette percée inattendue du bitcoin ? Comment leurs positionnements sur le sujet se sont construits à travers le temps? Nous avons creusé pour le savoir et si vous nous lisez jusqu’ici, vous devriez peut être accrocher votre ceinture.

Burundi

Les autorités burundaises ont, depuis longtemps, affiché une attitude très hostile face au bitcoin. Le 04 Septembre 2019, la Banque de la République du Burundi (BRD) a publié un avis interdisant le trading des cryptomonnaies. Pour la BRD les cryptomonnaies “s’échangent sur des plateformes non réglementées”

L’institution a aussi pointé du doigt le caractère spéculatif des cryptos et la volatilité qui en résulte. Pour la banque burundaise, ces éléments exposent les utilisateurs à des “pertes potentielles sans aucune possibilité de recours légale dans l’éventualité d’un effondrement de valeur ou en cas de fermeture des plateformes d’échange”.

Tenant compte de ce qui précède, la BRD a déclaré qu’aucune institution dans le pays n’était autorisée à offrir des services impliquant “Bitcoin, Ethereum, Litecoin, Dogecoin, Onecoin, BTC,Fahari Cash Coin, Ello Cash Coin et autres produits similaires” et a appelé le public à la prudence.

Alfred Nyowebusi, un haut fonctionnaire de la BRB avait déclaré à bloomberg que ces mesures étaient consécutives à la réception de plusieurs plaintes de “certains citoyens burundais” se seraient adressés au gouvernement après avoir essuyé des pertes d’argent. Il a ensuite annoncé que “le trading des cryptomonnaies est totalement interdit au Burundi” et que des “mesures fortes pourraient être prises contre ceux qui ne respecteront pas cette décision”.

Angola

La position des autorités angolaises au bitcoin est vague. Nous avons tenté d’y voir plus clair en contactant Euclides Manuel, fondateur de Bitcoin Angola. Sa réponse a été courte mais précise: “Il n’y a aucune définition claire pour les cryptomonnaies en Angola”.

Cependant, en 2019, la Banque Nationale d’Angola (BNA) a fait part de sa curiosité sur les usages possibles de la blockchain. L’institution s’est alors adressée aux acteurs locaux du secteur à la recherche des “informations” sur le fonctionnement de la blockchain.

Ces informations devraient, selon la Banque d’Angola, donner une idée sur “la façon dont la blockchain peut aider à améliorer la transparence et l’efficacité du marché financier Angolais” et apporter une valeur ajoutée dans la définition de l’attitude que la banque, en tant que régulateur du système financier, doit avoir face au secteur. Depuis, les autorités angolaises ne se sont plus exprimées sur le sujet, pas en tout cas à notre connaissance. 

Botswana 

Bitcoin n’est pas un sujet nouveau au Botswana. Selon Bitcoinmagazine, il existait déjà une communauté bitcoin dans le pays depuis 2013. Cette dernière a crée en 2014 le Satoshi Center dans le but de vulgariser bitcoin. 

Jusqu’en 2017, les cryptomonnaies n’étaient pas perçues comme une menace  par les autorités botswanaises. Réagissant à l’intention de Satoshi Center de développer un exchange local, Andrew Sesinyi, le communicateur de la Bank Of Botswana (BoB) à l’époque, avait déclaré “avoir conscience de l’innovation que peuvent apporter les cryptomonnaies”.

Ce dernier avait toutefois précisé que la BoB n’avait fait aucune étude allant dans le sens de réglementer le secteur mais qu’elle gardait l’esprit ouvert en observant le développement du secteur.

Cependant, le 09 Juillet 2018, alors qu’il faisait le discours d’ouverture d’un atelier sur l’inclusion financière, Moses Paleao, gouverneur de la Bank of Botswana, avait laissé entendre que son institution pourrait profiter de l’innovation apportée par la blockchain pour améliorer “les processus opérationnels”.

Il en a profité pour clarifier la position de la BOB sur les cryptomonnaies en soulignant que: “bien qu’il y ait une valeur monétaire attachée aux différentes cryptomonnaies, ce n’est pas de l’argent.” 

Il a ensuite pointé du doigt  leur “la nature volatile” avant de soutenir que “le fait pour certaines d’entre elles d’avoir un supply limité n’intéresse pas la BOB” et que les entrepreneurs qui détiennent les cryptos ne devraient pas s’attendre à une protection de la part de la BOB  car, selon lui, “les cryptos facilitent le financement des activités criminelles et le blanchiment d’argent”.  

Les Etats du CEMAK 

Le Cameroun, la Centrafrique, le Tchad, le Gabon, la Guinée-equatoriale et le Congo Brazzaville sont membres de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). Ils ont une banque centrale commune: la Banque des Etats d’Afrique Centrale (BEAC).

Le 23 Octobre 2020, Nagoum Yamassoum, président de la COSUMAF (Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale) a signé un communiqué sur l’interdiction d’offrir des services liés aux cryptomonnaies dans les pays membres du CEMAK. 

“L’exercice des activités liées aux crypto-actifs dans l’espace de la CEMAC ne fait pas l’objet d’encadrement réglementaire […] aucun prestataire ne peut proposer des tels services. Toute entité ou personne se livrant au démarchage du public en vue de réaliser des placements non réglementés s’expose à des poursuites conformément aux dispositions légales en vigueur.” peut-on lire dans ledit communiqué. 

Ce communiqué a été publié dix jours après la fuite d’informations sur une correspondance dans laquelle Nagoum Yamassoum aurait assuré être pour la mise en place d’un cadre juridique visant à “accompagner les promoteurs des services financiers innovants”.

Après nos petites fouilles, nous pensons que ce ce revirement avait été consécutif à une certaine prise de conscience de la part du président de la COSUMAF. En effet, la fameuse fuite d’informations concernait une conversation avec un certain Emile Parfait Simb, promoteur de plusieurs arnaques avérées dont simbcoin, liyeplimal, etc. 

Le 19 Octobre 2020, soit six jours après la fuite de la conversation, Liyeplimal a été placé sur une liste noire. Cette suite d’évènements laisse penser que la promesse de mettre en place une réglementation n’avait rien d’officiel. Le communiqué qui s’en est suivi (interdisant les cryptomonnaies) reste pour l’instant la seule position connue de la COSUMAF sur le statut des cryptomonnaies.

République Démocratique du Congo (RDC)

En RDC, les autorités n’ont jamais été tendres avec bitcoin et sa suite. Le 06 Juillet 2020, Déogratias Mutombo, gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC) a déclaré que l’usage des cryptomonnaies était prohibé. 

Dans le communiqué, que vous pouvez consulter sur deskeco, on peut lire: “la banque centrale attire l’attention […] sur les activités de structures qui proposent, sans y être autorisées, par la voie de sites internet ou de réseaux sociaux, des investissements sur des cryptoactifs via les fonds récoltés dans un système pyramidal”.

Le communiqué de la BCC pointait également du doigt l’absence de protection réglementaire pour couvrir les pertes et mais aussi les risques d’utilisation des cryptomonnaies à des fins criminelles. 

Il ne s’agit pas là d’une première sortie médiatique de la BCC au sujet des cryptomonnaies. En 2018, l’institution invitait les autorités politico-administratives et judiciaires à dissuader le public de s’investir dans les transactions en cryptomonnaies. 

Cependant, les autorités congolaises semblent enthousiastes quant à l’utilisation des solutions basées sur la “technologie blockchain”. Comme nous l’expliquons dans cet article, une blockchain serait utilisée pour tracer le cobalt congolais et ce n’est pas tout. En effet, en octobre 2019, le ministère de la jeunesse avait annoncé la signature d’un accord avec une société nommée bitcherry afin de numériser les activités de son bureau. La délégation de la même société se serait entretenue avec le vice-ministre des finances. A la sortie de l’entretien, un responsable de bitcherry avait, sans donner plus de détails, vaguement affirmé que le but de la mission était “d’apporter le savoir faire en ce qui concerne les cryptomonnaies et le système de blockchain”

Ethiopie 

En Ethiopie, bitcoin n’est ni légal ni illégal. L’’avis des autorités du pays sur le sujet reste très fou jusqu’à présent. Cependant, plusieurs signes montrent que ces derniers sont optimistes quant à la possibilité d’utiliser la blockchain pour apporter des solutions dans plusieurs secteurs.

En effet, le gouvernement Ethiopien aurait signé un accord avec cardano dans le but de développer l’Agritech avec des applications blockchain. L’information a été relayée par Charles Hoskinson, le fondateur de cardano. Ce dernier a déclaré dans un tweet qu’un protocole d’accord avaitr été signé avec le ministère éthiopien des sciences et technologies “pour organiser la formation de développeurs Blockchain et utiliser Cardano dans l’industrie Agritech.»

Contacté par Coindesk, Getahun Mekuria,  à la tête du ministère cité par Hoskinson, a confirmé la nouvelle en déclarant que la blockchain Cardano allait être utilisée comme base de travail pour les développeurs éthiopiens.

De ce partenariat est née Atala, une solution similaire à hyperledger fabric, qui servirait à fournir aux gouvernements des solutions blockchain. Atala a été expérimentée pour la première fois dans chaîne d’approvisionnement du café, un produit très exploité en éthiopie.

M Hoskinson a également déclaré à forbes que l’accord prévoyait la création d’une carte d’identité “liée à une cryptomonnaie” qui servirait dans les paiements des factures d’électricité des six millions d’habitants d’addis abeba, la capitale.

Ghana

Bitcoin est très populaire auprès de jeunes ghanéens. Son adoption grandissante dans le pays avait attiré l’attention de la Bank of Ghana (BOG) en 2018. 

La BOG avait, dans un communiqué, informé au public de l’interdiction de la négociation des cryptomonnaies. Une loi nommée  Payment Systems and Service Bills avait été annoncée dans le même communiqué. Cette dernière allait, selon la BOG, permettre de hisser l’infrastructure de paiements électroniques aux standards internationaux afin d’améliorer le système de paiement local. 

En outre, la BOG avait affirmé être consciente de “l’énorme potentiel de la technologie blockchain et la façon dont elle peut transformer les systèmes de paiement et promouvoir l’inclusion financière” tout en assurant qu’elle allait lancer les réflexions (avec les parties prenantes) sur la façon dont la blockchain et les monnaies numériques pourraient s’inscrire dans l’architecture mondiale de la finance et des paiements. 

Pour conclure son communiqué, la BOG a encouragé les ghanéens à se méfier des plateformes et à ne faire affaire qu’avec des institutions financières agréées. 

Les choses ont un peu évolué depuis. En effet, en septembre 2020, dans un atelier, le gouverneur de la BOG aurait annoncé l’intention pour son institution de lancer une CBDC. Du côté de la SEC, c’est  une licence destinée aux exchanges qui a été annoncée. Le but serait d’aider à limiter les risques pour les utilisateurs de tomber dans le piège des plateformes douteuses. 

Plus récemment, le 25 février 2021, la BOG a annoncé la création d’une Sandbox réglementaire pour les projets innovants y compris dans l’industrie crypto. Cette dernière aurait pour mission “la réflexion sur un cadre réglementaire spécifique aux innovations qui favorisent l’inclusion financière.”  

Avec cette initiative, tut laisse croire que la reglementation crypto c’est pour bientôt au Ghana. 

Kenya 

Le Kenya est (depuis des années) un pôle d’innovation en Afrique. Le pays est notamment pionnier du mobile money dans le monde. A l’ère du bitcoin, il n’est pas une fois de plus resté à la traîne. Dès 2018, le Kenya enregistrait  un volume de transactions très conséquent en bitcoins, près de 2.3% de son PIB selon Citibank. 

Evidemment, cela n’est pas passé inaperçu auprès des autorités. Leur premier réflexe a été la méfiance. En effet, dès 2015, le gouverneur de la Banque Centrale du Kenya (CBK) avait alerté le public au sujet du bitcoin, déclarant au passage son illégalité dans le pays”.  

En février 2018, c’était au tour du Capital Markets Authority de tirer la sonnette d’alarme. Cette fois, ce sont les ICO (Initial Coin Offering) qui étaient dans le viseur. A l’époque, des plateformes douteuses se répandaient dans le pays comme une trainée de poudre. 

Malgré les risques énumérés dans les précédents communiqués, les autorités kényanes étaient persuadées, selon leurs propres dires, que “bitcoin est porteur d’une révolution technologique” et que “l’innovation ne devrait pas être étouffée”. Il était donc à la fois nécessaire de protéger les épargnants tout en s’assurant de tirer profit de l’évolution de l’industrie.  

Une Task Force a été créée pour ce fait avec la mission l’élaboration d’une “feuille de route sur les technologies qui définissent la quatrième révolution industrielle”. Sans préciser le sort qui devrait être réservé aux cryptomonnaies, la Task Force a proposé à la Central Bank of Kenya (CBK) d’émettre une monnaie numérique de banque centrale. Elle a ensuite recommandé l’utilisation de la blockchain dans les services publics. 

Malgré cela, la Banque Centrale du Kenya (CBK) et l’Autorité des Marchés Financiers (CMA) ont quand même décidé des’investir au sujet du bitcoin et l’ensemble des cryptomonnaies. Aucune réglementation spécifique n’a été élaborée par la suite. En outre, les entreprises qui opèrent dans la crypto ont été classé dans la catégorie de Fintechs. 

Au Kenya, les fintechs sont réglementées en fonction de la nature de l’innovation apportée. Avec cette évolution, bitcoin et sa suite se sont vus être encadrés par des lois existantes parmi lesquelles: 

  •  Le National Payment Systems Act : elle fixe les règles à suivre par les prestataires de services de paiements,
  •  Le Banking Act : ellecouvre les secteurs qui incluent les dépôts ou la garde des fonds du public, 
  • The AML Act : cette loi exige une licence aux sociétés qui facilitent l’échange de la monnaie contre tout autre actif. La licence est obtenue par les sociétés qui s’engagent à appliquer rigoureusement les recommandations en termes de lutte contre le blanchiment d’argent,
  • Le Tax Act of Kenya : c’est une loi qui autorise la mise en place de la Digital Service Tax (DST), une taxe sur les « marchés numériques ». Elle est entrée en vigueur depuis Janvier 2021.

Concrètement, le NPS Act permet à la CBK de surveiller les plateformes crypto, de s’assurer de leur sécurité et de l’efficacité des services qu’elles proposent au public. La CBK octroie également une autorisation de fonctionnement à toutes les entreprises qui proposent la garde des cryptos conformément au Banking Act

Par ailleur, la Digital Tax Service fait partie des dispositions les plus importantes. En effet, elle impose aux Fintechs une taxe de 1.5% sur leurs revenus. C’est une taxe que toutes les entreprises de l’industrie crypto sont obligés de payer chaque trimestre. Vous pouvez retrouver plus de détails sur la réglementation crypto au Kenya dans cet article

Lesotho 

Dans un communiqué de presse rendu public en Novembre 2017, la Banque Centrale du Lesotho (CBL) avait indiqué être au courant des activités visant à promouvoir bitcoin dans le pays. 

La CBL avait rappelé qu’en vertu de la loi sur la banque centrale, elle était la seule institution habilitée à émettre la monnaie et décliné toute responsabilité en cas de pertes ou vol de fonds du public.

La CBL avait aussi souligné le fait que l’utilisation des cryptomonnaies expose les utilisateur à la violation:

  • de la loi contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, 
  • des lois en vigueur sur la fiscalité et 
  • des lois sur le contrôle des changes.

Cette position a légèrement évolué un an plus tard. Le 06 Novembre 2019, par le biais du ministère de la communication, des sciences et des technologies, le gouvernement avait  signé un protocole d’accord avec une entreprise au nom d’Apollo afin d’intégrer l’utilisation de la la blockchain dans certains secteurs comme l’éducation et la santé.

Un communicateur de l’entreprise aurait affirmé à finance magnates que le contenu du protocole était confidentiel mais qu’une importante plateforme gouvernementale allait être développée. Curieusement, personne n’a plus entendu parler du projet depuis et le compte twitter d’Apollo a été suspendu. 

Malawi

Selon nyasatimes, en mai 2019, la Reserve Bank of Malawi (RBM)  a rappelé qu’elle est la seule institution autorisée à émettre la monnaie et qu’elle n’avait jamais créé une cryptomonnaie. Ainsi, pour la RBM : “les utilisateurs des cryptomonnaies opèrent à leurs risques et périls car en cas de piratage, ils ne bénéficieront pas d’aucune assistance de l’autorité. 

Le gouverneur de la RBM avait également alerté le public sur le fait qu’il n’existe aucun exchange au Malawi. Pour lui, cela représente un risque supplémentaire en ce qui concerne la protection des utilisateurs.

“Jusqu’à présent, aucune plateforme d’échange n’a été enregistrée au Malawi, malgré les transactions effectuées par les citoyens ou les entités locales sur les plateformes basées à l’étranger […] il serait particulièrement difficile de poursuivre les auteurs en cas de fraude.”

Le Dr Dalisto Kabambe a cependant déclaré reconnaître le potentiel de la blockchain et le rôle qu’elle pourrait jouer dans la transformation numérique de plusieurs secteurs. “le concept sous-jacent aux cryptos est une technologie qui s’est avérée si polyvalente qu’elle pourrait être un atout pour plusieurs domaines”, a-t-il déclaré. 

Il a ensuite assuré que la RBM suivait de près l’évolution du secteur et qu’elle “revoir sa position” si cela s’avère nécessaire.  

En 2020, iTweb a  revelé que la RBM aurait subi une pression de la part de ICT Association of Malawi et de l’Economic Association of Malawi. Les deux organisations ont exigé de la RMB une réglementation claire pour les cryptomonnaies. 

Bram Fudzulani, président de l’ICT Association of Malawi, a déclaré qu’il y avait un besoin d’utiliser la cryptomonnaie dans le pays en vue d’établir la concurrence avec les institutions financières traditionnelles. Selon lui, “Le Malawi devrait permettre une coexistence entre les fintech et les banques traditionnelles de manière à promouvoir l’interopérabilité et la concurrence […] en tant que pays, nous avons besoin des cryptomonnaies.” 

Réagissant à ces propos, le conseil général de la RBM a déclaré que son institution consultait les parties prenantes sur la voie à suivre concernant l’utilisation des cryptomonnaies au Malawi et qu’une décision claire sur le sujet allait être prise.

Mozambique

En janvier 2018, le site club mozambique a fait part d’un communiqué de la banque centrale du Mozambique. Elle aurait alerté le public sur les dangers liés à l’utilisation du bitcoin notamment suite à sa “nature anonyme” susceptible de favoriser la prolifération d’activités illicites comme le financement du terrorisme, le blanchiment d’argent et le traffic de drogue. 

La banque centrale a cependant noté, toujours selon club mozambique, les points positifs à la base de la popularité du bitcoin dans le pays :  “cette monnaie devient populaire en raison de la facilité avec laquelle elle permet la transaction de grandes quantités [d’argent] pour l’acquisition de biens et services”.

L’institution a par ailleurs insisté sur la fait qu’il ne faut pas “confondre bitcoin à la monnaie du Mozambique.”

Namibie

En Septembre 2017, dans un document de 9 pages, la Banque de Namibie a a déclaré ne pas reconnaître les monnaies virtuelles car celles-ci faciliteraient les transactions liées au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme. Par conséquent, les cryptos ne devraient en aucun cas être échangées contre la monnaie locale ni  être considérées comme des devises étrangères.

En outre, la Banque de Namibie a reconnu leur “potentiel de faciliter les échanges” tout en réitérant que leur usage restait illégal sur le sol Namibien.  

“Les monnaies virtuelles ne peuvent pas être utilisées pour payer des biens et services en Namibie”– Bank of Namibia.

Pour soutenir son argument, la Bank of Namibia s’est appuyée sur une loi de 1993, la Currency and Exchange Act, adressant un message clair aux exchanges crypto: “la loi Namibienne sur le contrôle de changes ne prévoit pas l’établissement d’échanges ou de bureaux pour monnaies virtuelles en Namibie”. 

Par ailleurs, la Bank of Namibia pense que le système financier peut tirer profit des avantages offerts par la blockchain. Les recherches pour identifier les différentes possibilités qu’elle offre en termes de solutions innovantes seraient en cours. 

Pendant que la BN tergiversait, l’Université de Cape Town (UCT) n’a pas voulu reste à la traîne. Selon BitcoinAfrica, l’institution a, dès Janvier 2018, lancé un programme visant à doter les étudiants du troisième cycle des connaissances approffondies sur la blockchain, les cryptos et le machine learning.

Nigeria 

Le Nigéria est l’un des pays africains où le bitcoin a pris beaucoup de terrain. Certaines estimations révèlent que près de 30% de la population possède du bitcoin. L’intérêt pour bitcoin dans le pays vient du fait que le Naira (NGN), la monnaie locale, a perdu la quasi-totalité de sa valeur pendant les dernières années. 

Les Nigérians sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les bitcoin et ses petits cadets pour limiter les casses causées par l’inflation ou pour faire des transferts transfrontaliers car en effet, en décembre dernier, la Banque Centrale du Nigeria (CBN) avait sommé les opérateurs de transferts de fonds d’interrompre les transactions de la diaspora en Naira (NGN).

Avec une monnaie locale en chute libre, la CBN n’a pas du tout apprécié la montée en puissance du bitcoin. Sans tarder, elle s’est investi dans une croisade anti-bitcoin

En effet, en février dernier, Bello Hassan, le directeur de la CBN, s’est attaqué au trading des cryptomonnaies en signant une lettre interdisant aux banques locales d’effectuer des transactions avec les plateformes d’échange. Plusieurs plateformes, dont binance, ont dans l’immédiat suspendu les dépôts en Naira.

En plus de vouloir priver les entreprises crypto de leurs partenaires bancaires, la CBN s’est directement attaquée aux particuliers. La lettre exigeait l’identification et la fermeture des comptes de toute personne physique effectuant des transactions en lien avec les cryptomonnaies. 

Cette crispation brutale a soulevée des protestations jusqu’au sénat qui a convoqué le directeur de la banque, lui demandant des explications dans un délai de deux semaines. Un mois après, le vice-président du pays a pris la défense des cryptomonnaies, déclarant que ces dernières avaient, dans les années à venir, le potentiel de remettre en question le système bancaire traditionnel et que le pays devrait se préparer à ces changements. 

S’exprimant à propos de l’action de la CBN, le vice-président a déclaré: “J’apprécie pleinement la position ferme de la CBN, de la SEC et de certaines agences de lutte contre la corruption […] mais je crois que leur position devrait faire l’objet d’une réflexion plus approfondie […] il appartient à nos autorités monétaires et à la SEC de fournir un régime réglementaire solide qui réponde à ces graves préoccupations sans tuer la poule aux oeufs d’or.”

Le vice-président a conclu son message en appelant à une réglementation basée sur la connaissance et non sur la peur. Dans les semaines qui ont suivi, on a appris que la CBN et la SEC étaient en pourparlers pour tabler sur un cadre reglémentaire plus clair en ce qui concerne les cryptos.

Rwanda

Selon les sources de Kigali Today, en Mars 2018, le gouverneur de la National Bank of Rwanda (NBR) avait mis en garde le public contre l’utilisation des cryptomonnaies en raison de l’absence de réglementation, de la volatilité et de la facilité pour les cryptos de soutenir les activités illicites. 

“Les défis d’éviter que les cryptomonnaies soient utilisées pour le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme font que nous ne les acceptons pas comme moyen de paiement”, a déclaré John Rwangombwa, gouverneur de la NBR. 

La directrice du département de la stabilité financière à la BNR, Peace Uwase Masozera a pour sa part annoncé que l’institution pourrait émettre sa propre monnaie numérique.  “À l’avenir, en fonction des circonstances qui prévalent, la banque centrale pourrait potentiellement émettre une monnaie numérique. La loi révisée sur la banque centrale nous donne aujourd’hui la possibilité d’émettre des devises sous forme de papier, de pièces et sous toute autre forme jugée nécessaire”, a-t-elle déclaré. 

En mai 2019, soit un an après, la NBR a publié un deuxième avertissement contre les escroqueries liées aux cryptomonnaies. Trois mois plus tard, les progrès du projet de la NBR d’émettre sa propre monnaie numérique ont été révélés par Peace Uwase à BNN bloomberg. Selon elle, Il y avait quelques inquiétudes mais le projet serait en marche:

“Il y a encore des préoccupations sur la façon exacte de convertir la totalité de la monnaie sous forme numérique, comment la distribuer et la vitesse à laquelle les transactions seront traitées”.

Plus récemment, comme nous l’avons rapporté, le chargé de paiements à la BNR, M John Karamuka, a annoncé que la BNR avait intensifiée les études sur la question , en se servant notamment des leçons tirées sur le sujet par des institutions internatrionales tel que le FMI et la Banque Mondiale. Affaire à suivre… 

Afrique du Sud

L’Afrique du Sud est, après le Nigéria, l’un des pays africains les plus actifs en ce qui concerne l’adoption du bitcoin. Cependant, ces derniers mois, les relations entre les autorités et le secteur crypto ont eu tendance à s’envenimer davantage. La cause, la multiplication de projets douteux comme de Mirror Trading (sacré champion de l’arnaque crypto en 2020 par chainalisys) ou encore d’AfriCrypt, un projet à la base d’une perte estimée à plus de 3 milliards de dollars en bitcoins. 

Les conséquences, l’industrie crypto sud-africaine en voit de toutes les couleurstraque, entre traque fiscale et embargo bancaire. Le Financial Sector Conduct Authority (FSCA) et le South African Revenue Service (SARS) sont aux commandes de la chasse. Depuis quelques mois, les deux institutions ont miltiplié les actions contre les entreprises et les particuliers qui opèrent dans le secteur. 

En février, le SARS avait envoyé une correspondance aux contribuables sud-africains, exigeant de ces derniers la divulgation de toutes les transactions en lien avec les crypto-monnaies. Même des personnes n’ayant  jamais utilisé les cryptos avaient reçues la fameuse demande.  Si l’action du SARS a été perçue comme moins hostile, ce n’est pas le cas des agissements du FSCA. En effet, en mars, ce dernier avait publié un communiqué pour rappeler que les lois en vigueur interdisaient l’investissement dans les cryptomonnaies.  Le FSCA a ensuite élargi son avertissement aux fonds de retraite, les appelant à “ne pas s’exposer aux cryptomonnaies tant qu’une réglementation protégeant les investisseurs n’aura pas été adopté.”

Les entreprises crypto, essentiellement les plateformes d’échange, ont, petit à petit, commencé à quitter le pays, craignant des mesures plus sévères, et cela est arrivé récemment. En effet, selon nos informations, les banques sud-africaines verrouillent les carte bancaires qui tentent d’effectuer des transactions vers les crypto-bourses. Binance a été me premier à en payer le prix.

Malgré la relation tendue, une sandbox a été mise en place dans le but d’établir un cadre réglementaire plus clair et favorable à un développement sain du secteur. Nous avons même appris que d’ici trois mois, le secteur sera déjà encadré par la loi, de quoi lever le voile et mettre fin au flou reglémentaire actuel. Nous allons suivre ces évolutions de très près.  

Swaziland

S’exprimant lors du Swaziland Economic Forum (2017), Majozi Sithole, alors gouverneur de la Central Bank of Swaziland (CBS), a déclaré – selon coindesk – que malgré la prudence qui s’impose face à l’adoption des cryptomonnaies, la CBS n’avait aucune intention de les interdire et que cela serait synonyme d’étouffer l’innovation. 

“Si c’est une innovation, nous ne voulons pas l’étouffer. Nous voulons en apprendre davantage à ce sujet.”, a-t-il déclaré. 

Un rapport de The Swazi Observer a pour sa part révélé que la CBS étudiait la possibilité de créer des cryptomonnaies locales.

Le chargé de communication de la CBS a quant à lui assuré que son institution suivait de près les évolutions qui s’opèrent dans le secteur afin d’envisager un cadre réglementaire approprié. En attendant, la CBS a décliné toute responsabilité en cas de malentendus qui résulteraient de l’utilisation des cryptos: “si vous décidez de négocier les monnaies numériques, faites-le à vos propres risques”.

Sierra Leone

Dès 2014, bitcoin faisait déjà écho en Sierra Leone. Alors que le pays luttait contre l’épidémie d’ebola, un groupe local libertarien au nom de Sierra Leone Liberty Group (SLLG) se servait des véhicules du ministère de la santé pour distribuer des dons collectés en bitcoins aux victimes de l’épidémie.

En 2018, le pays (en partenariat avec le PNUD) a mis en place un système d’identification utilisant une blockchain afin de “moderniser le bureau de crédit”. Les participants au système ont été dotés d’un portefeuille numérique qui enregistrait les transactions d’emprunt et de remboursement tout en leur garantissant un contrôle total données personnelles.  

La Sierra Leone a également été l’un des premiers pays au monde à accréditer une startup spécialisée sur la blockchain en tant qu’observateur électoral. En 2018, Agora enregistre les résultats de bulletins de vote d’un district de la capitale sur une blockchain. Bien que controversé, ce fut un test réussi selon Agora.

Tanzanie

Le 12 Novembre 2019, la Bank of Tanzania (BoT) a publié un avis contre l’utilisation des cryptomonnaies.L’institution s’était insurgée contre les plateformes d’échange, les accusant de “laisser penser aux utilisateurs que les cryptomonnaies avaient cours légal” dans le pays. La BoT en avait profité pour rappeler au public le nom de la monnaie légale du pays: le Shilling Tanzanien (TZS). En outre, elle en avit profité pour mettre sur pied une commission chargée d’étudier l’ impact du bitcoin sur l’économie locale. 

Fin 2020, certaines autorités du pays se sont rapprochées du secteur crypto. C’est le cas de Florens Luoga, gouverneur de la Bank of Tanzania, qui s’est procuré un livre sur la blockchain écrit en Swahili par Sandra Chogo, une fervente défenseur des cryptomonnaies dans le pays. 

Plus récemment, les choses ont radicalement changé avec l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle présidente. Prénant la parole au sujet des cryptos, Samia Suluhu Hassan a dans un premier temps appelé à une révolution: “nous sommes témoins d’un nouveau voyage à travers internet”. La présidente a ensuite fait savoir que son pays ne devrait pas rater le train de l’adoption des cryptomonnaies. Elle a appelé les banques à se tenir prêtes pour cela: “mon message aux banques est qu’elles devraient travailler sur cet axe de développement. Il faut qu’elles soient prêtes pour ce changement afin de ne pas être prises au dépourvu.”

Ce changement d’avis de la nouvelle administration tanzanienne laisse penser que le pays serait en passe d’adopter une attitude plus favorable au devéloppement du bitcoin et des cryptos. Nous allons rester en veille pour suivre ces probables évolutions. 

Les Etats de l’UEMOA 

Le Bénin, le Burkina, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo appartiennent à l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africain (UEMOA). Ils ont une banque en commune, la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). 

Dès 2016, l’un de membres de l’union, Sénégal avait tenté le pari de lancer sa propre monnaie numérique, le eCFA, un projet abandonné à ce jour.

En 2018, le patron de la BCEAO, le Sénégalais Tiemoko Meyliet Koné, a donné son avis sur les cryptomonnaies. Il a déclaré l’impossibilité de recommander l’utilisation des cryptomonnaies aux populations à l’absence d’une contrepartie. “Pour nous, une monnaie a obligatoirement, à un moment, une contrepartie et, cette contrepartie, il y a quelqu’un qui la garantit. Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas quelque chose de contrôlable et nous ne pouvons donc pas la conseiller à nos populations”.

Pour lui, les monnaies décentralisées n’ont aucune place dans l’UEMOA: “il n’y a aucun responsable de ces monnaies et nous estimons que nous ne pouvons pas assumer la responsabilité de les laisser circuler dans notre zone […] il n’y a rien de nouveau qui permette de bouger par rapport à cette position”.

En 2019, le gouvernement Senegalais a fait un don de plus de 500 hectares à Akon, le rappeur américain originaire du pays. Ce dernier a pour ambition d’y construire une ville futuriste où sa propre cryptomonnaie sera utilisée comme moyen de paiement. Ce projet, servira peut-être de test pour que le reste des pays de l’union évalue le bien fondé ou non de réguler le secteur. 

Uganda

Dès 2017, la Bank of Uganda avait, dans un communiqué, lancé un avertissement contre l’utilisation des crypto-monnaies, dont bitcoin, évoquant l’absence de protection pour les utilisateurs. Dans le même communiqué, la banque Ougandaise a interdit tout investissement dans Onecoin, un système pyramidal qui était très répandu dans le pays à l’époque. 

En Mai 2018, une conférence sur la blockchain a été organisée à Kampala, la capitale. Des personnalités publiques comme Yoweri Museveni, le président du pays, ou encore Emmanuel Tumusiime Mutebile, gouverneur de la banque centrale, y ont pris part. Changpeng Zhao, PDG de Binance, était également de la partie. 

Pendant la conférence, le gouverneur de la Bank of Uganda avait déclaré que “les crypto-monnaies n’avaient pas de prérequis nécessaires pour fonctionner comme des monnaies”. Yoweri Museveni, le vieux président Ougandais, s’était quant à lui opposé à cette affirmation. Ce dernier avait accusé le gouverneur de tenter de lui faire la leçon sur les notions économiques de base qu’il connaissait déjà. Le président Ougandais avait ensuite appelé le gouverneur de la banque à “devenir curieux” et non “dogmatique”, avant de poursuivre qu’ils allaient discuter du sujet en privé. 

Au courant du même mois, un haut responsable du ministère des technologies a déclaré que le gouvernement souhaitait utiliser une blockchain pour fournir aux populations des services publics transparents. Le ministère a créé une Task-Force dont la mission consistait à identifier les secteurs dans lesquels l’utilisation d’une blockchain pourrait constituer une opportunité.

Zambie

Selon une source locale, en Octobre 2018, la Bank of Zambia (BOZ) avait déclaré que les cryptomonnaies n’avaient pas cours légal dans le pays. Elle avait ensuite mis à garde les Zambiens contre l’utilisation des monnaies numériques. “L’article 30 de la loi sur la banque confère le droit d’émettre des billets et des pièces de monnaie exclusivement à la BOZ. À ce jour, la BoZ n’a émis aucune forme de crypto-monnaie. Les crypto-monnaies n’ont pas cours légal en République de Zambie”, Bank of Zambia. 

Selon la BOZ, toutes les activités liées à l’achat, la vente ou l’échange des cryptomonnaies sont faites aux risques et périls des utilisateurs. “le grand public doit donc être conscient des risques associés à l’utilisation des crypto-monnaies […] certains de ces risques comprennent le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et les risques de protection des consommateurs tels que la fraude et le piratage, auxquels, dans la plupart des cas, aucun recours juridique ne serait envisageable pour les clients en raison de la nature non réglementée des transactions liées aux crypto-monnaies.”

Par ailleurs, la BOZ a déclaré qu’elle continuerait à surveiller l’évolution de l’écosystème crypto afin de ne pas constituer un frein à l’innovation. 

Zimbabwe

Bitcoin n’est pas un sujet nouveau auprès des Zimbabwéens. Il a été largement utilisé comme réserve de valeur dans le pays alors que la monnaie locale, le dollar Zimbabwéen, subissait une forte dépréciation. Ce dernier a perdu la quasi-totalité de sa valeur. Face à la crise de confiance dans la monnaie légale du pays, les populations se sont tournées vers d’autres actifs tels que le dollar américain et le bitcoin. 

La perte de confiance dans le dollar Zimbabwéen avait suscité des inquiétudes au sein de l’administration en place. En juin 2015, la Reserve Bank of Zimbabwe (RBZ) avait interdit les transactions en devises étrangères. En Mai 2018, ce sont les cryptomonnaies, avec bitcoin au podium, qui se sont retrouvées sur le coup d’une interdiction. En effet, la RBZ avait instruit les institutions financières du pays de fermer tous les comptes liés à l’échange des cryptomonnaies afin de “protéger le public et préserver l’intégrité, la sécurité et la solidité du système financier.”

Quelques jours plus tard, la haute cour de Harare avait levé cette interdiction à la demande de Golix, le principal exchange qui opérait dans le pays à l’époque. 

La position de la RBZ a évolué au cours des dernières années. En effet, en mars 2020, un haut responsable de la banque a déclaré que l’institution allait mettre en place une sandbox réglementaire dans le but d’accompagner les entreprises crypto afin que ces dernières arrivent à fonctionner légalement dans le pays. 

Egypte

Dès 2017, l’autorité égyptienne de surveillance financière (FSA) a levé le bouclier pour empêcher le lancement d’un exchange crypto dans le pays. 

En janvier 2018, le Grand Mufti, Shawti Allam, déclarait son désamour pour bitcoin, un actif dont, selon lui, les règles du jeu n’étaient pas conformes à la Charia. Par cette déclaration, l’autorité égyptienne avait classé les transactions en bitcoins parmi les activités dites “haram” ou nuisibles. Plus clairement, à l’époque, l’échange des bitcoins pouvait être perçu comme un acte immoral.

Cette position n’a pas changé jusqu’en Mai 2019. En effet, un projet de loi a autorisé au conseil d’administration de la Banque Centrale d’Egypte (CBE) la possibilité d’accorder une licence à toute entreprise crypto qui souhaite fonctionner légalement dans le pays. Ce retournement de veste a eu lieu pendant que le pays envisageait de travailler sur une monnaie numérique de banque centrale (CBDC). Le projet de loi a également donné à la CBE la possibilité d’élaborer un cadre réglementaire spécifique aux crypto-monnaies. 

Aujourd’hui, les cryptos ne sont pas encore clairement régulées en Egypte mais les choses ont beaucoup évolué. En effet, la National Bank of Egypt (NBE) a annoncé avoir conclu un partenariat avec Lulu International Exchange (une société basée aux Emirats). Le deal permettrait à la plus grosse banque d’Egypte d’utiliser Ripple Net pour améliorer les transactions entre les deux pays.  

Libéria

En 2019, Medici Land Governance (MLG) a signé un partenariat avec le ministère des finances du Libéria avec pour objectif la création d’une infrastructure numérique utilisant une blockchain pour notamment rendre plus efficace l’administration des services publics. En février dernier, MLG a lancé un projet pilote visant à enregistrer les titres fonciers du pays sur une blockchain. 

En revanche, ce partenariat n’a pas détendu l’atmosphère entre la banque centrale et les cryptomonnaies. En mai dernier, la Central bank of Liberia (CBL) s’est opposée au lancement d’unne crypto dans le pays. La CBL a déclaré que l’utilisation des cryptomonnaies viserait à saper le système financier du pays, ce qui en fait un acte illégal. C’était la première prise de position (en notre connaissance) de la CBL concernant les cryptomonnaies.  

Libye

En 2018, la Central Bank of Libya a déclaré illégale l’utilisation des monnaies virtuelles dont bitcoin. L’institution a soutenu sa position par le fait que les monnaies virtuelles pourraient être utilisées à des fins criminelles et pour blanchir l’argent.  

Maurice

Bitcoin est connu des autorités de l’île dès ses premiers pas. En effet, la Bank of Mauritius (BM) avait exprimé son inquiétude face à l’émergence du bitcoin dès 2013. Dans un communiqué, l’institution avait invité le public à se méfier de l’utilisation du bitcoin.“Le public doit être conscients des risques associés à ces monnaies virtuelles non réglementées, qui n’offrent pas la même protection que l’argent réel”, peut-on lire dans le communiqué

La BM avait par la suite insisté sur la nécessité de ne utiliser ni les plateformes d’échange, car le fait qu’elles ne sont pas réglementé exposerait les utilisateurs aux risques supplémentaires, ni les monnaies virtuelles car “leur nature anonyme” favoriserait une utilisation à des fins criminelles et pour le blanchiment d’argent.

En 2017, la position des autorités a radicalement évolué. En effet, la State Bank of Mauritius (SBM) a permis à ses clients de se servir du bitcoin et d’ethereum comme garanties pour contracter un prêt. 

 En 2018, c’est  la Financial Services Commission (FSI) qui a publié un projet dont l’objectif était d’établir les règles à suivre par les acteurs de l’industrie crypto souhaitant obtenir une licence pour les services de garde d’actifs numériques. Les titulaires de la licence sont reconnus comme institutions financières depuis son entrée en jeu en Mars 2019. La FSI a encouragé les banques du pays à nouer des partenariats avec les sociétés qui disposent de cette licence. 

Récemment, en 2020, la Banque de Mauritanie a fait part de son intention de lancer sa propre monnaie numérique.

Seychelles

Les Seychelles font partie des juridictions les plus crypto-friendly. Le pays occupe une place centrale dans le développement de l’industrie crypto notamment grâce à la facilité de la procédure d’enregistrement d’une société dans le pays. Cela a attiré plusieurs entreprises crypto, dont la plateforme Bitmex, sur l’île qui compte à elle seule plus de 26 plateformes d’échange. 

Le fait pour les Seychelles d’attirer les entreprises crypto n’est pas bien vu par plusieurs organismes internationales qui soupçonnent la juridiction de faciliter (par sa réglementation) les activités illicites. Pour montrer patte blanche, un haut responsable du Financial Service Authority (FSA) a déclaré qu’à partir de Janvier 2021, toutes les entreprises établies aux Seychelles devraient tout faire pour satisfaire les exigences du GAFI en termes de KYC/AML. Il a ensuite haussé le ton en menaçant d’expulser toutes les sociétés qui ne veulent pas respecter les règles: “En tant que juridiction, nous voulons attirer les meilleures entreprises. Si vous ne voulez pas être correctement réglementé, allez ailleurs”, a-t-il déclaré. 

Les entreprises cryptos établies aux Seychelles sont titulaires d’une licence octroyée par le FSA. Le public du pays est constamment appelé à ne travailler qu’avec des sociétés qui rentrent dans cette catégorie. 

Tunisie 

Il existe à ce jour un flou réglementaire pour les cryptos en Tunisie et cela, malgré l’adoption grandissante des cryptomonnaies dans le pays. Le 11 Novembre 2019, la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a rejeté les allégations selon lesquelles elle développerait, en partenariat avec une société Russe, une monnaie digitale de banque centrale (CBDC). 

En Avril dernier, un adolecsent de 17 ans s’est fait arrêté pour avoir fait usage de la cryptomonnaie dans une transaction en ligne. En réaction à cette nouvelle, Ali Kooli, ministre des finances du pays, a déclaré vouloir décriminaliser l’utilisation des cryptomonnaies. 

Ce n’est pas la première fois qu’une autorité tunisienne fait part de ses bonnes intentions envers les cryptomonnaies. Un an auparavant, selon coindesk, c’est le gouverneur de la BCT qui déclarait à propos du bitcoin, dans une conférence en suisse, que “ça serait une erreur de brider une technologie à ses débuts” et que son institution allait se positionner comme “un facilitateur auprès de l’écosystème local”

Les bonnes paroles des officiels tunisiens n’ont pas jusqu’ici été suivi par des actions concrètes. Fin 2019, la BCT annonçait la création (pour 2020)  d’une “sandbox” dont le travail devrait couvrir le secteur crypto. Aujourd’hui, la communauté crypto locale attend toujours la réalisation de cette promesse et surtout, un cadre réglementaire plus clair. 

Algerie

En 2018, le gouvernement algerien a présenté un projet de loi considérant bitcoin comme un “produit dangereux”. La loi interdisait toute utilisation de la cryptomonnaie dans le pays. Depuis, la détention du bitcoin en Algérie peut entraîner droit dans une prison. Pour justifier cette position particulièrement hostile, le gouvernement a pointé du doigt “le caractère anonyme des transactions en bitcoin” et le fait qu’il pourrait faciliter le trafic de drogue et toutes sortes d’initiatives criminelles. 

Maroc

Dans un communiqué en Novembre 2017, l’Office des Changes Marocain a informé le public que “les transactions effectuées via les monnaies virtuelles constituent une infraction passible de sanctions et amendes prévues par les textes en vigueur”. On peut donc dire avec certitude que l’usage des cryptomonnaie est prohibé au Maroc depuis fin 2017. 

La position des autorités marocaines sur bitcoin n’a pas changé depuis. Cependant, fin 2019, la BAM a participé à l’organisation de l’Africa Blockchain Summit sous le thème de l’inclusion financière selon Jeune Afrique. L’objectif était, selon le même média, d’organiser un concours des start-up blockchain travaillant sur des “solutions innovantes en matière d’inclusion financière, de financement des très petites entreprises ou de renforcement de l’éducation financière”.  Il a été rapporté en Février dernier que la banque centrale du pays, la Bank-Al-Maghrib (BAM), étudiait la possibilité d’émettre sa propre monnaie numérique. 

Pendant que la BAM fait un pari sur la blockchain et non bitcoin, l’adoption de ce dernier n’a pas arrêté de se faire ressentir au Maroc. Un récent rapport a fait état d’une explosion des échanges P2P dans le pays. 

Nous n’avons trouvé aucun élément sur la prise de position des autorités de certains pays au sujet du bitcoin, moins encore de la “très plebiscitée” technologie blockchain. Il s’agit du Djibouti, Comores, Erythrée, Gambie, Guinée-Conacry, Madagascar, Muritanie, Sao-Tomé-et-Principes, Somalie, Cap-Vert et le Soudan du nord et le Soudan du sud.

Conclusion 

Douze ans après le lancement du réseau, bitcoin a trouvé de l’audience un peu partout sur le continent Africain. Des milliers d’africains s’en servent pour effectuer des transferts des fonds à l’étranger, se protèger contre l’inflation ou simplement par pure spéculation. 

Du côté des pouvoirs publics, bitcoin est encore perçu comme un outil dangereux. La plupart de pays s’en méfient, craignant d’une part qu’il devienne un danger réel pour la souvainété de banques centrales ou par souci de protèger les populations de l’escroquerie ambiante dans la cryptosphère. Quelques pays comme le Burundi ou encore la Libye ont carrément dit non à l’idée de laisser les citoyens se servir du bitcoin. 

Cependant, tous les Etats ne sont pas resté indéfiniment méfiants face à l’adoption du bitcoin. L’avis de certains a radicalement changé, passant de la méfiance au tâtonnement ou, dans les meilleurs des cas, d’un début d’acceptation du bitcoin (et sa suite) comme une nouvelle classe d’actif. C’est exactement ce qui se passe particulièrement dans plusieurs pays anglophones à l’instar du Kenya où bitcoin se négocie en toute légalité. Le Nigéria, l’Afrique du sud, le Swaziland et bien d’autres se préparent à légiferer sur l’encadrement des actifs numérique, ce qui est (selon nous) une acceptation de ces dernier comme faisant partie du paysage financier. 

Par ailleurs, le sujet est accueilli avec beaucoup de scepticisme côté francophone. La plupart de pays souhaitent se fier à la “blockchain” pour ne pas rater une “révolution technologique” qui ne semble, pourtant, pas si révolutionaire que ça sans bitcoin dans le coin.  





Retrouver l’article original de Gloire Kambale Wanzavalere ici: Lien Source

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