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Cryptomonnaie, 5G, quantique : 2020, l’année des guerres technologiques

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Cryptomonnaie, 5G, quantique : 2020, l’année des guerres technologiques

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Connaissez-vous Transsion, Boomplay ou Zhaoxin ? Ces trois entreprises, actrices respectivement de la construction de mobiles, de microprocesseurs ou encore de la diffusion de musique en streaming, sont nées en Chine ces quinze dernières années. Mais ce n’est pas tout : après avoir réussi à domicile et en Afrique, elles sont bien décidées à partir à l’assaut du monde entier. Pour cela, elles vont devoir prendre leur essor dans un contexte qui s’apparente de plus en plus à celui d’une Guerre froide numérique entre la Chine et les États-Unis, comme l’expliquent très bien l’ancien président de la Banque mondiale Robert Zoellick ou encore l’analyste installé à Pékin Kai-Fu Lee.

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Début décembre, une vingtaine de journalistes européens basés aussi bien à Istanbul qu’à Rome ou Berlin ont été conviés à une conférence téléphonique un rien surprenante. Au bout du fil, Roslyn Layton et Robert Strayer, spécialistes de la cybersécurité auprès de la Maison-Blanche, ont mis en avant les risques sécuritaires qu’encouraient les opérateurs européens s’ils choisissaient de recourir aux services de l’équipementier de Shenzhen. Or, sur ce point, l’Europe apparaît bien divisée. Si l’espagnol Telefonica a décidé de recourir à Huawei pour son cœur de réseau en Espagne et en Allemagne, le norvégien Telenor a décidé de l’abandonner au profit du suédois Ericsson. La position de la France, elle, tarde à se faire connaître. «  L’Europe, quel numéro de téléphone  ?  » aurait déclaré Henry Kissinger en 1970. Cinquante ans plus tard, le Vieux Continent gagnerait à parler d’une seule voix dans le combiné.

L’Europe, nouvel atelier du monde ?

Certes, les États-Unis et la Chine arriveront sans doute à mettre fin à la guerre commerciale qui les oppose. « Plus que la guerre commerciale, c’est en fait l’interdiction (par Washington) aux entreprises américaines de nous vendre des puces et logiciels qui nous concernent. C’est pourquoi nous nous attachons à assurer la survie de notre entreprise dans un tel contexte, au-delà du marché américain », a ainsi expliqué à l’AFP Liang Hua. Le président de Huawei était en effet à Paris cette semaine et en a profité pour expliquer : « Après l’interdiction américaine, nous avons repensé notre chaîne pour assurer la continuité des approvisionnements et continuer à satisfaire les besoins de nos clients. D’ores et déjà, dans le domaine des technologies 5G, nous ne sommes plus dépendants de l’approvisionnement venant des fabricants américains de puces et autres composants […]. Depuis, nous avons renforcé nos relations de partenariats avec des fournisseurs européens, japonais et sud-coréens », poursuit Liang Hua, qui n’exclut pas de construire une usine en Europe.

L’Europe, nouvel atelier du monde ? En attendant, bien qu’affaibli, ce serait une erreur de croire que Huawei, qui planche en ce moment sur son propre système d’exploitation, HarmonyOS, est sur le déclin. « Je pense que la position de notre entreprise va légèrement se déprécier sur le court terme », expliquait le 3 juillet au Point  Ren Zhengfei, le créateur de Huawei. « Mais, comme un alpiniste, la baisse du centre de gravité nous rendra plus stables, puis nous grimperons plus vite et plus haut. » L’Europe encouragera-t-elle ses pépites qui, comme Eelo, veulent créer un système d’exploitation alternatif ?

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Film de Hou Hsiao-hsien

« À Washington et à Pékin, les autorités entrent dans la nouvelle décennie et se préparent à durcir ces tensions autour de la technologie. Les implications sont énormes, de toute évidence. Le meilleur moment pour penser à une guerre froide technologique est avant qu’elle ne commence » explique le président de Microsoft, Brad Smith. « On risque de voir se multiplier les agressions liées à la cyberguerre entre la Chine et les États-Unis », explique de son côté Pascal Boniface (fondateur et directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques, Iris). Or, un peu comme dans le film du réalisateur taïwanais Hou Hsiao-hsien The Assassin, les victimes seront sans doute nombreuses. Plusieurs entreprises chinoises, en dehors de Huawei, sont déjà dans le viseur. C’est le cas de Hikvision, dont le slogan est « See far, go further » et qui a sécurisé l’Eurovision à Tel Aviv avec des drones déployés en extérieur.

L’entreprise compte parmi ses détracteurs le sénateur américain Marco Rubio, qui l’accuse de « violations des droits humains » dans la province du Xinjiang, où 1 million de Ouïgours sont détenus, selon les Nations unies. Également dans une liste noire établie par le Department of Commerce américain il y a deux mois, les entreprises d’intelligence artificielle Face ++ ou encore Yitu. Mais la plus grosse cible est Sensetime, une entreprise de reconnaissance valorisée plus de 4,5 milliards de dollars et créée par le professeur Xiao’ou Tang, qui a dirigé Microsoft Research Asia durant quatre ans. Si l’annonce se voulait plus discrète, les Chinois d’ailleurs ont déjà commencé à répliquer. Ainsi, début décembre a t’on appris que « le matériel et les logiciels étrangers seraient bannis dans l’administration chinoise ». Si elles n’ont pas été nommées, les cibles étaient clairement les sociétés de services américaines, comme Microsoft, Salesforce ou encore IBM.

Comme les États-Unis, la Chine voit donc la technologie comme un enjeu de pouvoir. « Ceux qui font la différence entre sécurité nationale et impacts économiques se trompent », explique ainsi Michael Rodgers, l’ancien chef de la NSA, qui explique ainsi les investissements de Pékin dans les réseaux 5G, la biotechnologie, les nanotechnologies, ou encore le quantique. Ajoutant : « La dernière fois que nous avons eu un concurrent proche que nous considérions comme un adversaire potentiel, en termes d’État-nation, c’était l’Union soviétique. C’était essentiellement un défi politique, diplomatique et militaire. Ce n’était jamais un défi économique. Ils n’allaient jamais dépasser les États-Unis sur le plan économique. » S’il ne considère pas opportun la stratégie de confinement qui a fonctionné avec l’Union soviétique, il recommande davantage le partenariat public-privé, qui fonctionne très bien dans l’espace.

Une guerre technologique peut en cacher une autre

L’année 2020 devrait être également un théâtre d’affrontement sur le terrain des cryptomonnaies. D’un côté, Libra, une initiative lancée par Facebook et qui devrait voir le jour l’an prochain, et de l’autre, Gram, une initiative portée par Pavel Durov, le créateur de Telegram. Si l’association Libra a subi quelques défections, comme eBay, Visa ou encore Mastercard, son président Bertrand Perez poursuit sa mission, aidé d’une vingtaine de collaborateurs depuis son bureau installé en banlieue sud de Genève. De son côté, Gram s’appuie sur les compétences mathématiques de l’école 239 basée à Saint-Pétersbourg. Or, là aussi, c’est un nouvel acteur qui s’est invité. Fin 2019, le président Xi Jiping en personne a expliqué que son pays planchait sur le lancement de sa propre cryptomonnaie…

Donner raison à Hannah Arendt

Pourquoi la technologie est-elle si importante ? En dehors de la domination économique et militaire, elle permet aussi de défendre une certaine idée du monde. Née au XXe siècle, cette notion est encore plus essentielle au XXIe siècle. 2020 sera sans doute une année très importante sur ce point. Donnant une nouvelle fois raison à Hannah Arendt qui, en 1972, écrivait, dans Du mensonge à la violence : « Faire de la présentation d’une image la base de toute politique – chercher, non pas la conquête du monde, mais à l’emporter dans une bataille dont l’enjeu est « l’esprit des gens » –, voilà quelque chose de nouveau dans cet immense amas des folies humaines enregistrées par l’histoire. »



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