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Cryptomonnaies et inflations à venir

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Cryptomonnaies et inflations à venir

Or et Bitcoin : similitudes et différences.

Cours du Bitcoin (Bleu) et de l’or (rouge). Source : FRED

Deux actifs différents.

Dans notre précédent article, nous sommes revenus sur le fait que l’or et le Bitcoin avaient tous deux une structure de marché différente [voir article]. Près de 75% de l’offre d’or dépend directement des compagnies minières, tandis que l’influence des mineurs sur l’offre de Bitcoin tend à diminuer fortement. De plus, le Bitcoin est un actif très concentré : 0,01% des agents détiennent 32% des Bitcoins en circulation, ce qui n’est pas le cas avec l’or. D’autre part, la capitalisation des deux marchés est très différente : les cryptomonnaies représentent 12% de la capitalisation du marché de l’or physique.


En conséquence, les réactions sur les prix sont très différentes. Le Bitcoin va réagir plus fortement aux périodes de stress. Par ailleurs, l’or est un actif qui se conserve chez la plupart des agents. C’est-à-dire qu’une hausse du prix de l’or aujourd’hui est irréversible : une grande partie de l’or acheté en bijouterie ou en investissement ne sera pas vendue en grandes quantités. Le Bitcoin est plus volatil et ne suit donc pas les mêmes logiques fondamentales, bien que de nombreux investisseurs gardent durablement les quantités achetées.

Ainsi, entre mars 2020 et août 2020, nous avons assisté à une hausse simultanée de l’or et du Bitcoin. Néanmoins, avec la reprise en Asie et en Amérique, l’or a corrigé tandis que le Bitcoin a enclenché un rallye haussier puissant. Récemment, on assiste au processus inversé de rebond puissant de l’or, et de décrochage du Bitcoin [retour de la volatilité].

Or et Bitcoin : corrélation implicite.  

Le Bitcoin est un actif déterminé par le stress de marché (la volatilité). L’or est un actif déterminé par les taux réels (taux moins inflation). Comme le montre le graphique ci-dessous, des pics majeurs de stress financier (VIX, courbe rouge) prennent généralement effet après une diminution des taux réels. De même, les périodes avec un faible stress sur les marchés se traduisent généralement par une stabilisation haussière des taux réels. Cela confirme bien notre première comparaison graphique en l’or et le Bitcoin.

Indice de volatilité VIX (rouge) et taux réel US à 10 ans (bleu). Source : FRED.

L’or est favorisé par l’inflation, la chute des taux directeurs, ou encore la chute des devises comme le dollar. Écrit plus simplement, l’or augmente quand la rémunération (nette) du capital diminue. Le fait que l’or soit très sensible aux taux et que le Bitcoin soit très sensible aux tensions provoquées par les taux nous permet de mettre en évidence une corrélation fondamentale.

On pourrait ainsi avancer le fait qu’un rallye sur Bitcoin se déroule dans un premier temps avec une hausse simultanée de l’or, et dans un deuxième temps, le Bitcoin augmente plus fortement que l’or. En effet, dans un premier temps, l’or et le Bitcoin suivent généralement la même tendance haussière. Cela s’explique en raison de la diminution des taux réels et du stress financier. Néanmoins, il arrive un moment où les taux réels ré-augmentent car le contexte est favorable aux investissements, ce qui provoque une chute de l’or et une continuité de la hausse du Bitcoin. Ces logiques très fondamentales sont le cœur du lien implicite entre Or et Bitcoin.

Inflation : dynamiques à venir.

Une brève histoire de l’inflation.

L’inflation (ou la déflation) est un mécanisme économique assez simple. Quand il y a la formation d’un écart entre les quantités demandées ou offertes, il y a variation des prix. Autrement écrit, l’inflation existe durant les périodes de tensions entre l’offre et la demande [voir livre]. Le graphique ci-dessus reprend le taux d’inflation aux États-Unis depuis 1785. On notera trois sommets majeurs d’inflation : 1814, 1864, 1920, 1974. Chaque sommet de très forte inflation correspond à l’achèvement d’une hausse préalable de l’inflation sur plusieurs années. Chaque sommet de forte inflation (1813, 1864…) se caractérise souvent la présence d’une guerre : guerre napoléonienne en 1813, guerre civile en 1864, première guerre mondiale après 1920, guerre du Vietnam et choc pétrolier en 1974.

Ces pics inflationnistes peuvent s’expliquer de différentes manières :

  • Les situations de guerre provoquent une rupture du commerce international et de l’appareil productif, générant ainsi des dérives très inflationnistes. La manifestation d’une guerre aujourd’hui aurait des effets sans précédents et absolument désastreux sur les prix.  
  • Les contextes inflationnistes sont souvent le fait d’une forte création monétaire : les Greenbacks sous la guerre civile, la hausse des bilans centraux sous la Première Guerre mondiale, la fin de l’étalon or après 1971, etc.
  • L’inflation se manifeste avant tout en corrélation aux cycles économiques. Les périodes de croissance et de prospérité provoquent nécessairement un changement des équilibres entre agents, ce qui résulte dans des tensions et une volatilité des prix. On rappellera la fabuleuse phrase de Clément Juglar : « Il ne faut donc jamais désespérer ni trop espérer de son pays, rappelant sans cesse que la plus grande prospérité et la plus grande misère sont sœurs, et se succèdent toujours. ».

Une fin de cycle désinflationniste !

En reprenant le graphique précédent, on s’aperçoit de régularités ultra-inflationnistes toutes les 5 à 6 décennies. Sur une échelle plus courte, on note la récurrence de cycles de 9 et 18 ans. Le graphique suivant montre l’application de ces principaux cycles inflationnistes [voir article].

Source : Inflation: long-term cycle and coming dynamics | Economy – Thomas Andrieu (andrieuthomas.com)

La crise de 2020 a marqué comme anticipé [voir livre 2019] le retour d’une inflation de pénuries et d’une situation de stagflation (le PIB reste inférieur à 2019 avec une hausse des prix). Cette dynamique respecte tout ou presque la cyclicité de l’inflation. Ainsi, nous pourrions assister à une continuité d’une tendance inflationniste jusqu’en 2025/2026, suivi d’un très probable pic entre 2032 et 2036. C’est la nature même des cycles économiques et d’inflation.

Depuis 1981, nous vivons dans une économie avec une inflation toujours plus basse (désinflation), ce qui entraine une chute des taux et de la croissance potentielle, ainsi qu’une hausse de l’endettement et du chômage. Cet équilibre n’est pas soutenable 10 ou 15 ans de plus, simplement car il provoque des tensions sociales et civiles.

« Se protéger » de l’inflation : Or ou Bitcoin ?

Bitcoin : pro-inflationniste… mais pas trop…

En clair, le Bitcoin profite des bonnes inflations (génératrices de croissance et de stabilité des taux réels), mais est lourdement impacté par les mauvaises inflations (qui provoquent des tensions sur les taux…). On rappellera en effet que le Bitcoin est un actif très sensible à la volatilité. Le support des 16 sur le VIX ces dernières semaines était un clair signal négatif pour les cryptomonnaies. La volatilité dépend directement de l’évolution des taux, dont dépend par ailleurs entièrement l’or. On notera que plus de 80% des retournements baissiers de taux à moyen terme sont suivis d’une correction sur actions. De même, on notera que les corrections sur actions sont généralement précédées par une correction sur cryptomonnaies [voir article]. En bref, le Bitcoin protège contre les inflations modérées.

Cours du Bitcoin (bleu) et de l’inflation (rouge). Source : FRED.

Le graphique ci-dessus reprend la corrélation entre inflation et Bitcoin. On observe effectivement que le Bitcoin peut globalement profiter d’un retour de l’inflation, mais ce n’est pas évident à toutes les périodes du fait des processus énoncés.

Or : rempart contre l’inflation.

Enfin, l’or réagit quant à lui très fortement à l’inflation. En comparaison, l’or peut augmenter alors que le Bitcoin peut baisser, et inversement. Les grandes périodes de stress financier bénéficient souvent à l’or dans un premier temps, puis au Bitcoin dans un deuxième temps.

Dans mon livre sur l’or, je suis notamment revenu sur le fait que l’or bénéficie des périodes de tensions économiques, et donc de volatilité des prix. L’avantage de l’or face au Bitcoin est qu’il plus stable dans le temps et résiste bien mieux aux stress de marchés qui découlent de l’évolution des prix.

En définitive, les cryptomonnaies ne sont pas dénuées de liens avec l’inflation. Les investisseurs se dirigent massivement vers les actifs numériques en périodes d’afflux de liquidités et d’inflation sur les marchés. Cependant, la présence d’une inflation de nature à faire augmenter trop fortement les taux ou à traduire des pénuries de liquidités implique un effet négatif sur le prix des monnaies numériques. En bref, le Bitcoin est un peu un or numérique, à la fois trop volatil et abstrait pour être lié complètement à la conjoncture économique, mais suffisamment démocratisé pour en faire un marché financier à part entière.



Retrouver l’article original de Thomas Andrieu ici: Lien Source

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