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Et pendant ce temps en Chine, le règne de l’Anti-Bitcoin commence – TheCoinTribune

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Et pendant ce temps en Chine, le règne de l’Anti-Bitcoin commence – TheCoinTribune

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Nous sommes entrés dans l’ère numérique de la surveillance et du contrôle de masse. Des pans entiers de la population mondiale sombrent vers les profondeurs d’un monde dystopique où la vie privée laisse la place à une standardisation de la façon de vivre. Aussi trivial que cela puisse paraître, le coronavirus pourrait bien aider ceux qui planifient la fin du cash, énième clou dans le cercueil de nos libertés. Et en toile de fonds, outils supplémentaire d’oppression pourtant forgé sur une structure qui promettait plus de liberté et d’indépendance aux citoyens, s’élève une cryptomonnaie d’État totalitaire qui incarne avec une ironie inquiétante l’Anti-Bitcoin absolu.

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Big Jinping is watching you

Après 10 ans d’expérimentation, les citoyens chinois – 17 % de la population mondiale – vont très bientôt tous se voir attribuer une note sociale publique qui risque de résumer des choses comme la philosophie de vie et la morale à un simple algorithme qui espionne les comptes en banques, les habitudes de consommation, les historiques de recherche sur internet ou les opinions laissées sur la toile.

Un citoyen modèle, standardisé, acquis à la cause du gouvernement, bénéficiera de transports en commun moins chers, attendra moins longtemps à l’hôpital, empruntera à un taux d’intérêt plus bas et payera moins d’impôts. A contrario, un individu verra sa note sociale baisser s’il achète un peu trop d’alcool, manifeste ou critique le gouvernement sur les réseaux sociaux ou ne rend pas assez souvent visite à ses parents âgés.

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En chine, la dystopie totalitaire en est déjà à sa version 2.0

Les possibilités sont infinies et les punitions sociales vont de l’impossibilité de quitter le territoire à l’interdiction de prendre le train ou l’avion en passant par le ralentissement de sa connexion à internet voire carrément l’humiliation publique par la projection au cinéma des noms et visages de ceux qui refusent d’entrer dans le moule. Une situation de paria qui peut toutefois s’améliorer en donnant son sang, en faisant du bénévolat ou en postant des commentaires élogieux à propos du gouvernement.

Cette expérimentation de clonage social débouchera sur un système de classe où les plus dociles seront récompensés alors que les voix critique seront étouffées sous une chape de plomb numérique renforcée par un réseau de 600 millions de caméras à reconnaissance faciale. Un arsenal de surveillance de masse intimidant et pouvant aisément décourager tout mouvement de contestation comme celui des gilets jaunes.

Les chinois savent depuis longtemps que leurs faits et gestes sont épiés mais l’épidémie de Coronavirus a révélé l’omnipotence de cette toile de surveillance dans laquelle ils sont désormais prisonniers. Des frondeurs ayant quitté leur zone de quarantaine en ont fait l’amère découverte après que des caméras capables de scanner plaques d’immatriculation ou visages aient averti la police et même leurs employeurs.

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La surveillance de masse, c’est bon pour la santé

Les compagnies n’hésitent pas à faire étalage de leurs systèmes de surveillance électroniques en annonçant vouloir « protéger » la population contre le coronavirus (Covid-19). Elles se vantent que leurs caméras peuvent enregistrer les rayonnements infrarouge (rayonnement associé à la chaleur) pour détecter les personnes atteintes de fièvre et avertir aussitôt les autorités.

Autre surprise depuis le début de la crise : la réception par sms de la liste des lieux où chacun s’est rendu au cours des 30 derniers jours afin de pouvoir prouver à leurs employeurs qu’ils n’ont pas traversé des quartiers où vivent des personnes infectées. Là encore, beaucoup ont été étonnés d’être mis devant le fait accompli de la surveillance de masse. Mais malgré quelques indignations anonymes face à ce contrôle social high tech, la majorité semble accepter cette intrusion millimétrée dans leur vie privée comme un mal nécessaire destiné à combattre l’urgence sanitaire.

Enfin, et c’est ce qui nous intéresse tout particulièrement dans cet article, de nombreuses vidéos montrant la désinfection de billets de banque ont abondamment circulé sur les réseaux sociaux chinois.

L’épidémie de coronavirus offre d’une part une opportunité en or d’officialiser la surveillance de masse, mais elle va très probablement aussi être instrumentalisée pour lancer en fanfare la cryptomonnaie étatique censée remplacer les billets et les pièces. Les banques chinoises vont jouer sur la crainte de toucher des billets infectés pour promouvoir la fin du cash. La dernière pièce du puzzle d’une surveillance de masse totale via l’analyse des historiques d’achat…

Rassurez-vous, un virus ne survit même pas 2 heures sur un billet de banque

Illustration dans le journal le plus vendu en Inde, The Times of India.

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En Inde, – un autre pays représentant 17  % de la population mondiale la banque centrale est très favorable à la fin du cash. Les grandes manœuvres ont commencé en 2016 lorsque les indiens ont dû déposer sur leurs comptes bancaires toutes leurs coupures de 500 et 1000 roupies (85 % de masse monétaire fiduciaire en circulation alors).

De nouveaux billets de ₹500 et de ₹2000 ont été introduits en parallèle mais le but était d’inciter la population à adopter la carte de crédit. Avec un certain succès puisque les paiements par carte de crédit ont plus que doublé depuis 2016. La RBI (Reserve Bank of India) veut que l’Inde soit une société sans cash dès 2021…(et la Banque Centrale discute tranquillement crypto et stablecoins).

La fin du cash et l’émergence d’un Anti-Bitcoin totalitaire

Ne vous fiez pas à l’appellation ronflante de « crypto »yuan. Les propriétés du shitcoin chinois n’ont absolument rien à voir avec celles du Bitcoin. En réalité, ce que la Chine est en train de faire émerger c’est l’absolu Anti-Bitcoin : liberticide, limité, ne servant que l’intérêt d’une puissance et d’un pouvoir hyper-centralisé.

Premièrement, le Bitcoin, à l’instar de l’or, est une monnaie disponible en quantité limitée. Le fait qu’il n’y aura jamais plus de 21 millions de bitcoins garantit sa fonction de réserve de valeur. Une valeur qui aura tendance à augmenter à mesure que le système bancaire traditionnel fera marcher la planche à billets. A contrario, le crypto-yuan aura une masse monétaire illimitée et génératrice d’inflation, ce fameux impôt déguisé qui rabote implacablement notre pouvoir d’achat.

Secundo, l’anonymat « contrôlable » que les banques chinoises mettent en avant n’est qu’un leurre car comme nous l’avons dit plus haut, les historiques d’achat feront partie intégrante de la fameuse note sociale. Le Bitcoin et d’autres cryptomonnaies comme Monero offrent un véritable anonymat si nécessaire.

Le régime chinois n’est évidemment pas une démocratie. Il est davantage une sorte de capitalisme d’Etat totalitaire mais rappelons quand même que la liberté d’acheter quelque chose sans être fiché quelque part est un droit fondamental ainsi qu’un pilier de toute démocratie qui se respecte.

Tout comme la « loi haine » qui, sous prétexte de pénaliser les excès verbaux sur les réseaux sociaux, servira in fine à museler les esprits contestataires, la fin du cash aura le même genre d’effet inhibiteur et d’autocensure. Plus personne n’osera acheter un billet pour aller voir tel ou tel humoriste ou faire un don à telle ou telle association militante par peur de subir des répercussions (pour obtenir un travail dans l’administration par exemple…).

Tertio, Bitcoin vous offre le privilège d’être votre propre banque. Votre argent n’est pas contrôlé par un tiers. Personne ne peut vous empêcher de le dépenser alors que n’importe quel individu utilisant le cryptoyuan pourra être privé de tout moyen de paiement et mis au ban de la société en un seul clic.

Pratique dans une société où l’accès aux services dépend de sa note sociale… Et ne parlons pas du risque de faillite bancaire. Rappelons qu’en 2013, à Chypre (membre de l’UE), les clients de la plus grande banque du pays, Bank of Cyprus, ont été obligés d’échanger 47.5 % de toute leur épargne au-dessus de 100 000 euros contre de vulgaires actions de la banque. Sans cash, impossible de se prémunir contre un braquage pareil… Rappelons que l’Euro Stoxx bank, qui mesure la valeur boursière des banques européennes, a chuté de 80 % depuis 2007. Le prix de l’action de la Deutsche Bank est passé de 146 euros en 2007 à 10 euros aujourd’hui. Oui, il y a de quoi se poser certaines questions…

Quelle est la différence entre un « cryptoyuan » ou un « cryptoeuro » avec les monnaies actuelles ? On en voit guère si ce n’est le fait de perdre toute possibilité de paiement anonyme et de devoir utiliser un téléphone au lieu d’une carte de crédit…

Notons toutefois que l’utilisation d’une blockchain offrira des possibilités à la chine sur un plan géopolitique. Elle permettra de court-circuiter le réseau SWIFT qui noyaute toutes les transactions bancaires mondiales. C’est le principal intérêt d’un « cryptoyuan » : contourner le dollar et les embargos américains à l’encontre de pays comme le Venezuela et l’Iran, deux pays regorgeant d’un pétrole dont l’empire du milieu a besoin pour faire tourner son économie et projeter sa puissance le long des Nouvelles Routes de la Soie.

Manipulation de la démocratie

Nous avons centré cet article sur la Chine mais le scandale Cambridge Analytica, une lugubre entreprise spécialisée dans le profilage psychologique, illustre malheureusement la concrétisation des pires angoisses que nous pouvions avoir pour la démocratie en raison de la moisson de nos données privées par les GAFAM.

Cambridge analytica a utilisé les données de près de 90 millions d’américains pour débusquer parmi eux ceux qui pourraient éventuellement être convaincus de voter pour Donald Trump (les « persuadable ») et ainsi leur diffuser des messages sur-mesure via tous les réseaux sociaux comme Youtube, Snapchat, Twitter, Google et bien entendu Facebook. En tout, Cambridge Analytica utilisait jusqu’à 5000 informations sur chaque individu afin de pouvoir affiner son ciblage des électeurs. Oui, Cambridge Analytica a poussé son analyse des humains jusqu’à répertorier 5000 traits de caractère permettant de nous classer selon 32 types de personnalité, la plupart de ces traits étant glanés en croisant des données bruts pour faire des déductions.

Il est facile de catégoriser la population grâce à tous les « likes » que nous laissons sur facebook.

  • Quelques dizaines de likes suffisent pour être quasiment certain de la couleur de peau d’une personne, son orientation sexuelle, son bord politique, son utilisation de drogues dures ou non,
  • plus de 150 likes et il est possible de vous connaître mieux que vos parents.
  • plus de 300 likes et l’on en sait plus sur vous que votre partenaire, voire vous même…

Si un homme a liké une certaine marque de cosmétique, il y aura par exemple de bonnes chances qu’il soit homosexuel… Lorsque l’on combine des dizaines, des centaines, voire des milliers de likes, il est possible de nous catégoriser psychologiquement afin de savoir exactement ou appuyer pour influencer notre vote en propageant des messages jouant avec nos peurs.

Conclusion

La fin du cash et la surveillance de masse – que des lanceurs d’alerte comme Edward Snowden ou Julian Assange ont si justement dénoncés – sont les deux faces d’une même pièce, fut-elle une cryptomonnaie. Le piège de la surveillance de masse est en train de se refermer sur toutes les sociétés avancées. Le Bitcoin, en plus d’offrir une protection contre l’inflation et la possibilité de réaliser des transferts instantanés sans aucune autorisation, est aussi une protection contre la censure d’un totalitarisme numérique qui ne dit pas son nom.

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Retrouver l’article original de Nicolas Teterel ici: Lien Source

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