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Le Bundestag adoube la planche à billets de la BCE – TheCoinTribune

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Le Bundestag adoube la planche à billets de la BCE – TheCoinTribune

C’est la zizanie du côté des fabricants de lois allemands. Le Parlement allemand et la Cour constitutionnelle Allemande sont dos-à-dos concernant la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne. Alors que la Cour de Karlsruhe voudrait que la BCE cesse de racheter la dette des États membres de la Zone Euro, le Bundestag a lui adoubé la planche à billets. Bitcoin jubile…Pourquoi un tel retournement de situation ? Parce que les teutons profitent de l’Euro et qu’empêcher la BCE de maintenir les taux bas ferait voler la monnaie unique en éclats…

« La BCE n’est pas le maître de l’univers »

C’est ce qu’a déclaré Peter Huber, juge de la plus haute juridiction allemande, après que cette dernière ait essuyé un tir de barrage de la part des institutions européennes n’ayant pas goûté que la BCE soit intimée de justifier ses achats de dette.

En cause, un arrêt rendu le 05 mai dans lequel les juges avancent que les achats de dette ne sont pas « proportionnés ». Les gouverneurs de la BCE ont rapidement répondu à cet affront porté à sa royale « indépendance » en annonçant acheter pour 600 milliards de dette supplémentaire. Ambiance…

Depuis, les députés allemands ont tranché en faveur de la BCE. Une décision partagée par Olaf Sholz, le ministre des Finances allemand.

Affaire classée pour la Cour de Karlsruhe qui se réserve toutefois le droit de revenir à la charge. Uwe Kamann, ancien député du parti AfD a d’ailleurs déjà annoncé son intention de faire appel, indique le journal allemand die Welt. Le sursis de la BCE n’est donc que temporaire…

Mais l’essentiel est là pour l’instant : la Cour n’interdira pas à la Bundesbank, la Banque Centrale Allemande, de participer aux achats de dette (Quantitative Easing pour les intimes) orchestrés par Francfort.

Pourquoi le Bundestag a lâché sa Cour constitutionnelle ?

La réponse n’est pas évidente. Ce cache derrière cette décision un grand jeu géopolitique et monétaire qui tire ses racines dans la monnaie unique. Inutile de tourner autour du pot : La BCE fait marcher la planche à billets pour colmater les brèches d’une union monétaire qui prend l’eau de toutes parts. C’est ce que nous allons démontrer dans cet article.

L’adoption de l’euro fut une grave erreur car son taux de change reflète surtout la puissance économique du noyau France-Allemagne. L’industrie exportatrice haut de gamme allemande s’accommode parfaitement d’un euro fort. Mais ce n’est pas le cas d’un pays qui exporte principalement des produits à faible valeur ajoutée comme la Grèce.

L’euro fort va comme un gant à l’Allemagne car les Mercedes se vendront aussi bien à 45 000 dollars qu’à 55 000 dollars. En revanche, un tel écart de prix sur l’huile d’olive va nécessairement plomber les exportations grecques qui feront face à une concurrence féroce sur le marché international.

Dit autrement, demander à tous les pays européens d’utiliser l’euro revient au même que d’équiper tous les coureurs d’une équipe de basket avec des tennis chaussant la même taille. Il y en a qui auront des cloques…

Le patient Grec

La zone euro est un système de vases communicants. Lorsque l’Allemagne engrange des excédents commerciaux, d’autres pays comme la Grèce affichent forcément un déficit commercial.

Dit autrement, l’Allemagne détruit lentement les industries de ses “partenaires”. Depuis l’an 2000, l’emploi dans le secteur industriel a reculé de 27 % en France alors qu’il est resté stable en Allemagne…

Comment voulez-vous que la Grèce, ou le Portugal, fassent jeu égal avec l’économie allemande qui s’adosse à une population de 83 millions d’habitants. Les Grecs ne sont que 10 millions. C’est David contre Goliath.

Une fois dans la Zone Euro, la Grèce n’avait pas 36 choix.

1/ Laisser le chômage augmenter et/ou abaisser les salaires. On appelle cela une dévaluation interne. Mais les Grecs ne sont pas des Chinois…

2/ Laisser filer la dette pour financer cette balance commerciale dont il était écrit qu’elle deviendrait déficitaire au sein de ce marché unique dominé de la tête et des épaules par l’Allemagne.

Ce n’est probablement pas ce que l’on avait promis aux citoyens grecs lors de l’adoption de l’euro…

L’écroulement de l’économie grecque est la conséquence de l’absence de taux de change.

Il faut bien comprendre que la raison d’être d’un taux de change entre deux monnaies est de forcer le pays accusant un déficit commercial à prendre naturellement les décisions qui s’imposent pour ajuster son économie. Si un pays A affiche un déficit commercial récurrent avec un voisin B, sa monnaie va rapidement et lourdement se déprécier par rapport à celle de B. Il devient alors beaucoup trop cher pour A d’importer. Il est obligé de réagir.

Le taux de change permet d’éviter que des déséquilibres commerciaux ne persistent trop longtemps !

La dette pour palier l’absence de taux de change

Dans le contexte de la zone euro, un pays comme la Grèce a pu faire courir un déficit commercial chronique sans souffrir d’une dépréciation de sa monnaie. Mais comme tout se paie d’une manière ou d’une autre, cette balance commerciale déficitaire a fini par forcer les banques grecques à emprunter auprès des banques des pays du nord de l’Europe.

Un cercle vicieux s’est alors enclenché car en plus de l’argent dépensé pour payer les importations (venant d’Allemagne), les intérêts de la dette ont aussi commencé à quitter le circuit économique grec. Et l’argent disponible dans une économie n’étant en définitive que le solde résultant des flux entrants et sortants, l’économie grecque s’est retrouvée asphyxiée et les impôts ont cessé de rentrer dans les caisses.

Le calvaire grec a commencé lorsque les agences de notation (Standard & Poor’s, Moody) dégradérent la note de sa dette. Il fallait à l’époque détourner l’attention de Wall Street qui venait d’exploser (crise des subprimes). Cette dégradation provoqua une très forte hausse des taux d’emprunt auxquels la Grèce faisait rouler sa dette. Le monde des Grecs a alors basculé.

En effet, faire rouler sa dette au taux de 7 % au lieu de 1 % devient vite ingérable. Le taux d’emprunt à 10 ans grec est même monté jusqu’à 30 % au plus fort de la crise… (17 % pour le Portugal, 7 % pour l’Italie…) Ou comment étrangler un pays jusqu’à lui confisquer sa souveraineté

Pourquoi avoir prêté tant d’argent à la Grèce ?

Pourquoi les banques étrangères ont-elles accepté de remplir le tonneau des Danaïdes aussi longtemps ? Et à des taux quasiment similaires que ceux de l’Allemagne tout en sachant pertinemment que ce n’était pas soutenable ?

C’est une bonne question puisqu’avec l’introduction de l’euro, et en l’absence de la soupape du taux de change, c’était le rôle des banques de faire la police en fermant petit à petit le robinet des liquidités pour inciter la Grèce à faire les réformes nécessaires.

Dans un monde imaginaire, peut-être… Mais c’est oublier que la raison d’être du banquier est de collecter des intérêts. C’est plus fort que lui… Les banques allemandes et françaises ont prêté à la Grèce en misant sur le fait qu’elle bénéficierait automatiquement de la solidarité des autres pays. À raison puisque c’est bien ce qui s’est passé…

Bref, revenons-en maintenant à la raison qui a poussé le Bundestag à soutenir la BCE contre sa propre Cour constitutionnelle.

Nous venons d’expliquer que les Allemands ont une balance commerciale chroniquement excédentaire vis-à-vis du reste de la zone euro. De ce fait, les banques allemandes sont devenues au fil du temps créancières des autres banques de la zone euro. Par conséquent, plus les taux sont hauts et plus les banques allemandes font des profits. Logique.

Or, la BCE, grâce au Quantitative Easing et aux taux de rémunération des dépôts (négatif), parvient à maintenir les taux d’emprunt bas dans toute la zone euro, au grand dam des banques allemandes… CQFD

Et si la BCE cessait de maintenir les taux au plancher ?

La Zone Euro exploserait, tout simplement. Avec pour conséquences :

  • Défaut de nombreux pays sur leur dette
  • Ralentissement marqué des exportations allemandes vers les pays du Sud (écroulement de l’économie allemande)
  • Retour au Mark dont le taux de change, beaucoup plus élevé, plomberait un peu plus les exportations allemandes

C’est un pari risqué… Il est probablement plus sage pour les allemands de ne pas être de nouveau les pourfendeurs de “l’unité” européenne….

La prochaine étape pour la BCE sera très probablement d’effacer les dettes qu’elle a rachetées. C’est d’ailleurs surtout cela que l’Allemagne redoute mais que le Bitcoin attend de pied ferme… En effet, le Bitcoin se nourrit de la planche à billets… Et n’oublions pas que l’Italie menace très clairement de claquer la porte depuis quelque temps déjà…





Retrouver l’article original de Nicolas Teterel ici: Lien Source

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