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Prélude à l’ère de Bitcoin

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Prélude à l’ère de Bitcoin

Le plus grand adversaire du Bitcoin n’est pas l’or. La relique barbare et la cryptomonnaie sont les deux faces de la même pièce. Bitcoin EST de l’or et son ennemi est en réalité le dollar. En 2020, le billet vert représente toujours 60 % des réserves de change mondiales et 48 % des paiements internationaux. Le recul de la part du dollar dans le système monétaire international depuis plusieurs années est un prélude à l’avènement du Bitcoin. Voici le top 5 des pays qui mènent la danse macabre du dollar.

CHINE

L’empire du milieu a cessé d’accumuler des dollars depuis 2011, une tactique qui est également au cœur des ambitions du club des BRICS. Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud ont fondé la Banque Asiatique AIIB (¼ des droits de votes pour la Chine) pour faire la nique à la banque mondiale ou au FMI, ces institutions internationales roulant pour l’occident.

La priorité géopolitique de l’ogre chinois est d’assouvir ses besoins insatiables de pétrole. C’est là que le bât blesse et que la stratégie chinoise prend ton son sens. En effet, les pays membres de l’OPEP, un M16 sur la tempe, sont forcés de vendre leur pétrole exclusivement en dollar. Par conséquent, la Chine ne peut pas se débarrasser complètement de la monnaie de l’oncle Sam.

Il existe pourtant un pays regorgeant de pétrole qui est d’accord pour le vendre en Yuan. L’Iran ! Un affranchissement frondeur impardonnable pour Washington qui, afin d’empêcher la Chine de lui acheter son pétrole, est allé jusqu’à déconnecter les banques iraniennes du réseau de paiement international SWIFT… D’où le lancement en 2016 par la Chine de son propre système de paiement international CIPS (Cross-Border Inter-Bank Payments System).

Nombre de banques pouvant gérer des paiements en Yuan

En somme, la Chine est le principal promoteur d’un retour au Standard Or. C’est-à-dire un système monétaire international qui ne profite à personne en particulier de par le fait que chaque pays est tenu d’équilibrer sa balance commerciale sous peine de perdre tout son or. Voilà pourquoi les Chinois accumulent d’énormes quantités d’or depuis des années. Et aussi du Bitcoin…

INDE

Avec 1,3 milliards d’habitants, l’Inde est la sixième plus grande économie du monde et l’un des plus grands importateurs de matières premières. L’Iran, qui est décidément un bon partenaire économique accommodant, accepte aussi la Roupie indienne en paiement pour son brut. Mais alors que la Chine continue de se fournir en pétrole iranien – ce qui lui vaut une guerre commerciale avec les États-Unis – l’Inde s’est récemment résignée à respecter l’embargo de l’oncle Sam.

New Delhi ne s’est pas pour autant jeté dans les bras du dollar. Les Indiens se sont mis d’accord avec les Émirats arabes unis pour leur acheter du pétrole en roupie. La plus grande démocratie du monde ne s’est toutefois pas privée d’acheter les systèmes de missile sol-air S-400 des Russes. Au grand dam des États-Unis puisque la mère patrie refuse le dollar en paiement de son armement.

Le sous-continent indu est la troisième plus grande économie du monde à parité de pouvoir d’achat. Chaque baril acheté en roupie est un clou supplémentaire dans le cercueil du dollar.

TURQUIE

Membre de l’OTAN, complice de toutes les intrigues se déroulant en Syrie et nostalgique de son empire (Ottoman) perdu, la Turquie joue des coudes sur l’échiquier moyen-oriental. Après avoir échappé à un coup d’Etat organisé par la CIA, l’arbitre Erdogan s’est finalement rapproché de Poutine en sifflant la fin de partie en Syrie. Témoin d’un affrontement entre deux projets de pipeline (gaz) venant du Qatar et d’Iran, le président turc a finalement opté pour la construction d’un pipeline acheminant du gaz de Russie. Échec et mat pour Vladimir…

Erdogan and Putin inaugurate TurkStream pipeline
Poutine et son homologue Erdogan inaugurant le pipeline Turkstream en janvier 2020

Nous en revenons toujours à la couleur du billet dans lequel l’énergie est vendue. Le Qatar vend son gaz exclusivement en dollar contrairement à l’Iran. D’où cette guerre par procuration en Syrie qui a commencé quelques semaines à peine après que Damas eut choisie de faire passer le pipeline iranien plutôt que celui de Doha.

Les États-Unis se sont vengés de cette trahison en massacrant le taux de change de la lire turque (-50 % en un été) par l’entremise de la JP Morgan… Un coup de semonce qui a eut pour effet de pousser Erdogan à demander publiquement aux turques de se débarrasser du dollar et d’accumuler de l’or.

« L’or n’a jamais été un instrument d’oppression au cours de l’Histoire »

Erdogan, en avril 2018, après avoir appelé à cesser d’utiliser le dollar

IRAN

Les réserves de gaz et de pétrole du pays sont respectivement les deuxièmes et troisièmes plus grandes du monde. Des réserves qui ne sont pas vendues en dollar…

La Perse est la pièce maitresse des nouvelles routes de la soie. La Chine a annoncé vouloir y investir des milliers de milliards de yuans afin de sceller une alliance économique. Le but étant évidemment de jouir du même privilège monétaire exorbitant que les États-Unis. Papier contre énergie

Mais tout comme le Venezuela (qui refuse aussi de vendre son pétrole en dollar), l’Iran est sous embargo et les Américains menacent tout pays et toute banque qui garderait des relations commerciales avec Teheran.

RUSSIE

Moscou est aux avant-postes de la guerre contre le dollar. Ses réserves de “greenbacks” ont fondu de 96 % au cours des trois dernières années !

Alors que Russes et Chinois affichaient seulement 5 petits milliards de dollars d’échanges commerciaux en 1991, il est désormais prévu non seulement d’atteindre la somme de 200 milliards cette année mais également de réaliser 50 % des paiements dans leurs monnaies respectives et non plus en dollar.

La part du yuan dans les réserves de change de la Banque centrale russe est désormais 10 fois supérieure à la moyenne internationale. Fin 2019, environ 13 % de ses réserves de change étaient en yuan, 30 % en euro, 24 % en dollar et 16 % en or. Et nous savons que la part d’or est depuis passée à 22 %, au détriment du Dollar qui est probablement passé sous 10 %.

La Russie met aussi en place des accords d’échange de devises (SWAP) au sein de son Union économique eurasienne avec le Kazakhstan, la Bielorussie, le Kirghizstan. Autant de pays qui se trouvent sur les nouvelles routes de la soie et qui réalisent déjà 70 % de ses échanges commerciaux en roubles ainsi qu’en devises locales.

De nombreuses nations réalisent tous les bénéfices de rompre avec l’instrument de domination qu’est le dollar. Le Gold Standard revient au goût du jour et c’est une très bonne nouvelle pour le Bitcoin, qui est de l’or, en mieux… Sa supériorité n’a pas encore été comprise par la vieille génération encore au pouvoir. Mais le déclic viendra, tôt ou tard, aussi certainement que les papes finirent par comprendre que le soleil ne tourne pas autour de la terre…



Retrouver l’article original de Nicolas Teterel ici: Lien Source

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