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Vitalik Buterin (Ethereum) : « Je ne suis pas sûr qu’Ethereum fera mieux s’il a plus d’argent à dépenser »

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Vitalik Buterin (Ethereum) : « Je ne suis pas sûr qu’Ethereum fera mieux s’il a plus d’argent à dépenser »

Lors de son passage à Paris pour l’EthCC 3, le créateur d’Ethereum a confié au JDN ses pistes pour financer l’écosystème et évoquer les défis liés à la sortie de la deuxième version du protocole.

JDN. Lors de votre keynote à l’Ethereum Community Conference 3 à Paris, vous avez évoqué le sujet du financement de l’écosystème Ethereum. Pourquoi n’avez-vous pas soutenu une taxe sur les transactions d’ether ?

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Vitalik Buterin, créateur d’Ethereum. © Vitalik Buterin

Vitalik Buterin. J’y ai pensé. Il y a différentes sortes de taxes possibles. Par exemple, dans Ethereum, il existe déjà des frais de transaction. Vous devez payer entre 1 et 10 centimes de dollar par transaction, en fonction de sa complexité. Facturer 1% ou plus sur une transaction ne marcherait pas de façon efficace. Ethereum est un système entièrement flexible où vous pouvez avoir des programmes informatiques complexes et en général vous ne pouvez pas détecter tout ce que ces programmes font. Plus largement, ce n’est pas vraiment possible de dire quelle est la valeur économique d’une transaction spécifique. L’autre taxe possible est bien sûr une taxe sur la fortune. Certaines blockchains le font déjà avec des systèmes de récompense quand vous émettez un coin. Mais que se passe-t-il quand on veut financer des biens publics (dans l’écosystème blockchain il s’agit des smart contracts, la sécurité du réseau…, ndlr) qui sont plus difficiles à mesurer ? Payer pour maintenir la sécurité du réseau est simple car c’est facile à mesurer. Mathématiquement, cela veut dire qu’une personne a créé un bloc et que ce bloc est valide. C’est plus difficile par exemple de mesurer la valeur de la personne qui a écrit un bout de logiciel que tout le monde utilise, de celle qui a inventé un nouveau protocole, ou de celle qui a écrit un article qui aide les gens à mieux comprendre Ethereum…

Quelles solutions de financement sont viables selon vous ? 

Une des solutions est de laisser une organisation centralisée le faire. C’est ce qui se passe dans la communauté Zcash (une crypto-monnaie dont les transactions sont anonymes, ndlr). 20% de la récompense suite à la création d’un bloc va directement à la fondation Zcash et Electric Coin Company (société qui contribue au développement de Zcash, ndlr). A moins que vous ayez une communauté dans laquelle tout le monde ait confiance dans le même groupe de personnes, c’est assez difficile à gérer. Beaucoup vont se disputer pour savoir qui recevra l’argent, d’autres vont dire que certains essaient de voler la cagnotte. Même maintenant les membres de la communauté Ethereum se disputent pour savoir s’il faut oui ou non implémenter une proposition qui change l’algorithme de proof of work (une méthode de validation des blocs de transactions qui consiste à utiliser la puissance de calcul d’une machine, ndlr). Je ne suis pas sûr que cette communauté soit capable de gérer ce genre de querelle surtout quand il y a beaucoup d’argent en jeu.  

Il faudrait alors que ce soit une organisation décentralisée qui distribue les financements…

Oui, un mécanisme automatique plus décentralisé et plus démocratique. Certaines crypto-monnaies utilisent par exemple le vote par la crypto-monnaie pour définir qui reçoit l’argent. Le problème est qu’il y a des façons d’attaquer ce type de système. Par exemple, beaucoup de personnes conservent leurs crypto-monnaies sur des exchanges et ces exchanges vont utiliser l’argent de leurs clients pour voter, sachant qu’ils ont un très grand pouvoir dans l’écosystème. Il y a deux jours, Justin Sun (créateur de la blockchain Tron, ndlr) a convaincu des exchanges d’utiliser les crypto-monnaies de leurs clients pour prendre le contrôle de la blockchain Steem.

« La fondation Ethereum possède environ 200 millions de dollars d’ethers et dépense entre 30 et 35 millions de dollars par an »

Il existe aussi un mécanisme de vote par les utilisateurs au lieu des crypto-monnaies. Si vous possédez cinq fois plus de crypto-monnaies (qu’un autre, ndlr), vous disposerez de cinq fois plus de voix. Enfin, il y a le vote quadratique (décision collective sur le degré de préférence d’une option, ndlr), dont je suis très fan. Au fond, je pense qu’il y a des approches de financement qui peuvent marcher pour des applications au-dessus d’Ethereum mais pas pour la plateforme elle-même. C’est plus logique car beaucoup de gens veulent à tout prix préserver la neutralité et la résistance de la plateforme aux attaques.

Pendant votre keynote, vous avez aussi déclaré qu’il était difficile d’estimer de combien l’écosystème Ethereum aurait besoin pour continuer à bien se développer. N’avez-vous pas une fourchette à partager ?

La fondation Ethereum possède environ 200 millions de dollars d’ethers et dépense entre 30 et 35 millions de dollars par an. Cela a été suffisant jusqu’ici pour financer l’écosystème, la recherche et les équipes de développements à travers le monde. Il y a d’autres projets blockchain qui dépensent beaucoup plus d’argent. Par exemple, la blockchain EOS a levé l’équivalent de 4 milliards de dollars, Telegram a levé 1,7 milliard, la fondation Tezos possède l’équivalent de 700 millions de dollars… Je ne suis pas sûr que ces projets peuvent accomplir plus de choses avec plus d’argent. C’est très facile de faire beaucoup avec 100 000 dollars mais aussi facile d’en faire peu avec 100 millions. Je ne suis pas sûr que l’écosystème Ethereum fera mieux s’il a plus d’argent à dépenser que maintenant.

Cependant, iI existe des incertitudes pour le futur. Il faudra peut-être dépenser plus d’argent sur des projets très importants, peut-être que les cours des crypto-monnaies vont beaucoup monter ou au contraire beaucoup baisser. Nous devons être optimistes mais nous devons aussi être prêts à toutes les possibilités et rester flexibles.

« Nous espérons que les prochaines étapes d’Ethereum 2.0 prendront place dans les deux prochaines années »

L’autre sujet qui importe beaucoup les développeurs est la sortie d’Ethereum 2.0. Certains s’inquiètent des conditions de migration vers cette nouvelle version. Comment pouvez-vous les rassurer ?

Il n’y a pas de bonne façon de rassurer tout le monde, de dire que tout ira bien. Le seul argument valable sera le lancement réussi de la plateforme. Nous avons prévu de sortir Ethereum 2.0 en différentes étapes. Nous ne sommes pas loin de lancer le proof of stake (la première étape, ndlr), ensuite il y a aura le sharding (pour rendre le réseau plus scalable, ndlr) puis la fusion des deux plateformes Ethereum (l’ancienne et la nouvelle, ndlr). Pour chaque phase, et c’est déjà le cas pour la première, nous réalisons d’abord des tests du réseau et des examens de sécurité, puis nous nous assurons de sa stabilité avant tout lancement. .

Avez-vous un timing réaliste pour la sortie d’Ethereum 2.0 ? 

Tout le monde s’attend à ce que la première phase, de proof of stake, soit lancée cet été. Nous espérons que les prochaines étapes prendront place dans les deux prochaines années. 

Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises utilisent la version privée d’Ethereum. Est-ce vraiment judicieux ?

Ces dernières années, aller sur des blockchains privées a été le bon choix pour de nombreuses applications car la scalabilité de la blockchain publique n’est pas assez élevée. La blockchain publique peut processer seulement entre 10 et 40 transactions par seconde, qui doivent être divisées entre les différentes applications, alors que les entreprises veulent souvent plus de 1 000 transactions par seconde pour chaque application. Les blockchains publiques ont également un modèle de sécurité différent auquel les entreprises ne sont pas habituées. Elles doivent se reposer sur des mineurs (ceux qui valident et sécurisent les transactions, ndlr) au lieu de s’appuyer sur une entité de confiance tierce qui peut être poursuivie en justice en cas de problème.

Quels sont vos arguments pour convaincre ces entreprises de passer sur la version publique ?

De plus en plus d’entreprises vont initier des développement sur la blockchain publique parce que le modèle de sécurité a été prouvé dans le temps et parce que la problématique de scalabilité est en train d’être résolue. Les problèmes de privacy des blockchains publiques sont aussi en train d’être résolus avec la cryptographie.  



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